mpOC-Liège
Mouvement politique des objecteurs de croissance
Groupe de Liège

Lettre ouverte aux membres des conseils d’administration
d’Attac-Liège et du Beau-Mur

Le 19 septembre 2021

Mesdames,
Messieurs,

Le 24 juillet 2021, j’avais pris contact avec Attac-Liège pour organiser une conférence-débat « par le mpOC-Liège avec le soutien d’Attac » comme nous avons commencé à le faire régulièrement à partir de janvier 2014, Attac-Liège et le mpOC-Liège partageant un certain nombre de points d’intérêt. C’était aussi un échange de bons procédés, Attac-Liège s’occupant généralement de trouver une salle tout en faisant valoir ces conférences auprès de la Communauté française comme association reconnue d’éducation permanente (ce que le mpOC-Liège n’est pas). Quelques jours plus tard, l’annonce de la conférence du 25 août avec Michel Weber, « Covid-19(84) – La vérité politique du mensonge sanitaire » était diffusée sur le web[i] et elle aura lieu dans une des salles du Beau-Mur.

Le 24 août en début de soirée, la veille de la conférence, Attac-Liège me faisait savoir par courriel : « Le CA d’Attac s’est prononcé contre le soutien et la participation à la conférence de Michel Weber de demain ». Renseignements pris par téléphone, il s’avère aussi que l’accès à la salle nous (le mpOC-Liège) est retiré et que la décision est celle conjointe des conseils d’administration d’Attac-Liège et du Beau-Mur.

La surprise est totale, jamais je n’aurais cru une telle manœuvre de censure et de sabotage possible à l’égard du mpOC-Liège qui collabore avec Attac-Liège depuis près de 10 ans, sans parler de moi-même pour qui cela remonte à plus loin encore, avec la mise en place du collectif de résistance au traité de Lisbonne fin 2007. Je vous laisse imaginer la difficulté et le stress dans lesquels cette décision nous a mis. Que faire ? Annuler ou réorganiser le tout en le faisant dans un parc en plein air ou en trouvant une autre salle le jour même ? Finalement nous avons réussi à trouver une salle in extremis : merci, nous avons ainsi accueilli 120 personnes pour un exposé et un débat qui se sont déroulés dans la meilleure des ambiances (la conférence a été filmée, à voir ici : www.liege.mpoc.be/covid.htm#mw ).

Dans le courriel précité, une seule petite phrase pour expliquer cette décision qui n’en reste pas moins incompréhensible : « Les propos révisionnistes sur la comparaison du vaccin avec le zyklon B ayant été déterminant dans notre changement de position ».

Il est difficile de comprendre que des personnes qui nous connaissent de longue date aient pu penser ne fût-ce qu’une seule seconde que nous aurions pu tenir des « propos révisionnistes » ou soutenir quelqu’un qui les tiendrait. Cette allusion au Zyklon B est doublement absurde : d’une part, quand bien même Michel Weber aurait écrit, comme il me l’a été dit par téléphone, que la 3e dose de vaccin serait l’équivalent d’une injection de Zyklon B, ce ne serait jamais qu’une dose d’humour à la Hara Kiri, « journal bête et méchant », en n’oubliant pas cependant que les vaccins anti-covid sont toujours en phase d’expérimentation [ii], que les essais cliniques de ces vaccins sont sous le contrôle exclusif de l’industrie pharmaceutique[iii] et que donc nous participons ou assistons à une expérimentation de masse sous la vigilance certainement bienveillante de cette industrie. D’autre part, vérifiant le commentaire en question, force est de constater qu’il n’y est même pas question de vaccin ! [iv]

Quel est le propos de Michel Weber (et le nôtre) ? Faire référence à une période historique – en l’occurrence le nazisme – pour proposer une interprétation de ce qui nous arrive depuis le début de l’année 2020. En quoi cela serait-il « extrémiste » ou « abject » (termes employés sur le site web d’Attac-Liège et par un « sonneur de tocsin », respectivement – voir ci-dessous) ? D’une part là réside la liberté d’expression et de recherche et, d’autre part, tirer des leçons de notre histoire est la moindre des choses que nous devons faire, même au risque de se tromper. Malheureusement, les événements se succèdent pour nous donner raison, comme l’interdiction faite en France aux soignants non vaccinés d’exercer, les appels explicites ou dissimulés [v] pour faire de même en Belgique et l’utilisation de plus en plus prégnante du pass sanitaire (« Covid Safe Ticket » et autres), qui font que nos gouvernements sont en train de créer une catégorie de citoyens qui ne pourront pas vivre comme les autres – les nouveaux parias. Ça ne vous évoque rien ?

Nous sommes loin d’être les seuls à faire ce parallèle. Dans un article intitulé « Le chemin vers la liberté », la philosophe Nadia Lamm n’hésite pas à l’illustrer d’une photo de déportés lisant une inscription où l’observance des vertus du parfait déporté est présentée comme « le chemin vers la liberté » (l’inscription dit : « Il y a un chemin vers la Liberté. Ses étapes se nomment obéissance, assiduité, ordre, propreté, humilité, véracité, esprit de sacrifice et amour de la Patrie ! »)[vi]. Elle s’inquiète aussi de la posture de ceux qui critiquent à mots feutrés et sans grand risque la politique de nos gouvernements car « elle exclut par principe une intention de mal faire du gouvernement alors que des textes directeurs existent tels que l’Agenda 2030 sur le site du Forum économique mondial, le manifeste du président du Forum économique mondial, Klaus Schwab assisté de Thierry Malleret : “ Covid 19 : la grande réinitialisation” ; un projet du Sénat français – qui permettent de s’interroger sur le caractère bienveillant de l’intention qui préside aux actes du gouvernement. Sans oublier les livres de Jacques Attali qui annonce depuis longtemps l’entrée de l’Occident dans un Nouvel Ordre mondial, ordre marchand de fer sans contrepouvoir ». De même, Ariane Bilheran dans une brillante interview « Nommer le Mal » (Ariane Bilheran est normalienne, psychologue clinicienne, docteur en psychopathologie, chargée de cours à l’Université et l’auteure de nombreux essais)[vii]. Et encore, Vera Sharav, survivante de l’Holocauste : « Je dois dire que, depuis cette période de ma vie [période nazie], jusqu’à aujourd’hui, je ne me suis jamais sentie aussi anxieuse à l’idée qu’une situation politique soit générée par la peur des maladies infectieuses […] Lorsque les gouvernements s’en sortent avec des crimes, avec la suppression des droits de l’Homme, des droits constitutionnels, dans ce qu’ils considèrent comme une urgence, eh bien, les gouvernements vont simplement créer des urgences, déclarer l’urgence et supprimer les droits. C’est un parallèle majeur entre le régime nazi et aujourd’hui »[viii].

Nous, au mpOC-Liège, nous sommes des décroissants et, comme chacun sait, le projet sociopolitique de la décroissance est un projet de gauche [ix]. Certes, mais pas de la gauche institutionnelle régulièrement au pouvoir, ni celle à laquelle vous contribuez aujourd’hui, une gauche frileuse, sectaire, sacralisant la « vie »[x] et hygiéniste à l’extrême, déroulant le tapis rouge à un pouvoir de plus en plus discrétionnaire et en même temps à l’extrême droite, par son aveuglement, l’abandon de la pensée critique et le refus du débat. Confirmation par un membre du CA d’Attac-Liège qui me recommande la lecture d’un article « sensé » commis par un certain Philippe Marlière qui, dans le titre, s’empresse d’utiliser un des derniers néologismes à la mode pour tout qui veut propager la doxa du pouvoir : « Gauche et pass sanitaire : les impasses d’un combat confusionniste »[xi]. « La gauche devrait militer en faveur de la vaccination » dit-il d’emblée, car « les avis scientifiques convergent sur la question : seule la vaccination de tout ou partie de la population française et mondiale permettra de vaincre la pandémie ». La « gauche » n’a-t-elle pas mieux à faire que de s’occuper des vaccins en voulant nous priver d’une liberté supplémentaire, du droit naturel d’être seul juge de ce qui est bon pour notre santé ? Ne devrait-elle pas dans ce cas aussi militer pour interdire l’accès aux restaurants aux personnes en surpoids ou obèses au prétexte qu’elles sont majoritaires à occuper les lits de soins intensifs ? Et tant qu’à faire, punir d’une façon ou d’une autre les cohortes de ceux qui sont drogués au sucre, au tabac et à l’alcool au prétexte qu’ils grèvent lourdement le budget de la santé publique ? Quant aux avis scientifiques qui convergeraient, ce n’est apparent que pour ceux qui ne lisent ou n’écoutent que la RTBF et tous les autres médias mainstream : parmi de nombreux exemples, ce n’est pas l’avis d’un virologue liégeois bien connu, ancien recteur de l’Université de Liège, pour qui « Omettre de la pensée scientifique et populaire les risques associés à un traitement, comme ce fut le cas pour le vaccin contre la Dengue, est extrêmement risqué », « le risque à long terme des vaccins “à matériel génétique” (à ARNm et à adénovirus vecteur) est inconnu » et « le bien-fondé d’une vaccination réside dans une comparaison des risques connus de la maladie naturelle d’une part et de la vaccination d’autre part, de manière à établir une balance risques-bénéfices de la vaccination, propre à chaque individu [je souligne] »[xii]. Le risque à long terme des vaccins géniques contre le covid n’étant pas connu, il est alors impossible d’évaluer aujourd’hui la balance risque-bénéfice de cette vaccination qui ne relève donc que de l’expérimentation et disqualifie sa campagne mondiale. Quant aux risques à court terme, ils s’avèrent de plus en plus nombreux (décès inclus), dépassant de loin tout ce qu’on a vu pour les autres vaccinations [xiii], et de ce fait auraient dû avoir pour conséquence l’arrêt total de la campagne de vaccination contre le covid dès les premiers avertissements.

Il apparaît que vous avez subi des « pressions » de la part de « sonneurs de tocsin » comme ils se nomment eux-mêmes, pressions auxquelles vous n’avez pas pu ou voulu résister. Sur un réseau « social » que je ne nommerai pas, un conseiller communal de la ville de Liège à la tête d’un nanoparti de « gauche » et connu pour son opportunisme écrit : « On prend acte, avec horreur, que le Mouvement politique des objecteurs de croissance » [mpOC-Liège], a versé dans le confusionnisme le plus abject. Avec, comme cerise sur le gâteau, une comparaison entre les mesures sanitaires et le nazisme. Rien que ça […] A près avoir pas mal sonné le tocsin durant la journée […] Le Centre liégeois du Beau-mur, qui n’avait pas été informé du contenu de cette conférence confusionniste, a décidé ce soir de refuser de l’accueillir. Je m’en réjouis. No pasarán ! ». Les républicains et antifascistes morts à Madrid en 1936 doivent se retourner dans leur tombe ! Heureusement pour lui, jamais le moindre révolutionnaire d’opérette n’a été tué par le ridicule.

Toujours sur ce réseau « social », sur une page intitulée « Front AntiFasciste Liège 2.0 » (sic) : « Bien que l’auteur [Michel Weber] ne soit pas d’extrême droite, il livre de fausses informations (l’exact opposé de l’esprit critique), ses thèses participent d’une lecture complotiste de la séquence pandémique, et œuvrent – volontairement ou non – à une confusion idéologique, qui touche également une fraction de la gauche […] Après ces recherches, nous avons contacté, depuis plus d’une semaine maintenant, ATTAC Liège et le Centre liégeois du Beau Mur (tous deux signataires de l’appel du Front Antifasciste) afin de les mettre au courant ».

Personne ne devrait se laisser influencer par une argumentation aussi indigente qui renvoie toute forme de contestation à l’extrême droite ou à ces néologismes du pouvoir que sont complotisme et confusionnisme, et ainsi, en toute logique, faire leur lit.

Que vous ayez décidé de censurer et saboter cette conférence à la manière de n’importe quel pouvoir totalitaire est inacceptable et indigne de ceux que vous représentez. Aussi le conseil d’administration d’Attac-Liège prendra-t-il note de ma démission de membre.

Francis Leboutte
Membre du mpOC-Liège
www.liege.mpOC.be



[i] L’annonce est toujours visible dans les archives du site du mpOC-Liège : www.liege.mpoc.be/agenda-ancien.htm#25aout2021

[ii] – Pfizer/BioNTech : clinicaltrials.gov/ct2/show/NCT04368728 (fin de la phase 3 le 2 mai 2023).
– Moderna : clinicaltrials.gov/ct2/show/NCT04470427 (fin le 27 octobre 2022).
– AstraZeneca : clinicaltrials.gov/ct2/show/NCT04516746 (fin le 14 février 2023).
– Janssen : clinicaltrials.gov/ct2/show/NCT04505722 (fin le 2 janvier 2023)

[iii] Ce qu’en dit le Dr Michel de Lorgeril, chercheur au CNRS, dans son livre Les vaccins à l’ère de la covid-19, page 341 (il s’agit du vaccin Pfizer, mais le constat est le même pour les autres vaccins) :

« Je note d’emblée que cet essai clinique est en fait une étude commerciale puisque la très grande majorité des investigateurs sont liés de près ou de loin aux industriels qui ont financé l’étude.
De plus, l’étude est sous le contrôle total des industriels. Je copie un paragraphe de la page 2 de l’article [www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2034577] :
Pfizer était responsable de la conception et de la conduite de l’essai, de la collecte des données, de l’analyse des données, de l’interprétation des données et de la rédaction du manuscrit. BioNTech était le commanditaire de l’essai, a fabriqué le matériel d’essai clinique BNT162b2 et a contribué à l’inter­prétation des données ainsi qu’à la rédaction du manuscrit.
Peut-on être plus explicite ? C’est une étude conduite par des employés des industriels impliqués. Aucune trace de la moindre indépendance ».

[iv] Le commentaire de Michel Weber sur sa page Facebook, le 14 juillet 2021 :

« Zyklon B et variant delta
L’évolution de la crise de la C19 se poursuit sans accident de parcours. Afin de comprendre comment et pourquoi cela est possible, il peut suffire de se concentrer sur une seule proposition : la vérité du covidisme est le nazisme.
Je ne vais pas reprendre la discussion que j’ai menée tambour battant ces derniers mois, ou citer le travail de Chapoutot. Souvenons-nous simplement que le noyau de l’idéologie nazie était un hygiénisme et un eugénisme : il fallait préserver, quoi qu’il en coûte, la pureté de la race de toutes les formes de contaminations (raciales, morales, culturelles…).
Les Juifs étaient perçus comme de la vermine à éliminer.
Le Zyklon B était un pesticide ; son usage tardif était donc aussi symbolique que pragmatique
».

Vient ensuite une série de références bibliographiques.

[v] Par exemple, les récentes déclarations de Sophie Wilmès, Première ministre à la manœuvre lors des 6 premiers mois de la crise du covid, ensuite vice-première ministre et ministre des Affaires étrangères. Précédées en août de celles du ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, tout à fait explicites elles.

[ix] La décroissance comme projet politique de gauche . Conférence de la journée de réflexion sur l’objection de croissance, Bruxelles, le 21 février 2009, liege.mpoc.be/doc/ecologiepolitique/Latouche-Serge_La-decroissance-comme-projet-politique-de-gauche_AdOC-21fev09.pdf

[x] La vie « nue », biologique, c’est-à-dire juste le fait d’avoir le cœur qui bat et un corps fonctionnel, rien à avoir avec le « buen vivir » des Amérindiens qui inspire le mouvement de la décroissance ! Le « buen vivir » prime les relations avec les autres et la nature, l’être sur l’avoir.

[xi] blogs.mediapart.fr/philippe-marliere/blog/200821/gauche-et-pass-sanitaire-les-impasses-d-un-combat-confusionniste . Philippe Marlière se recommandant au passage de Philippe Corcuff, l’auteur de « La Grande Confusion » (mars 2021), une brique de 670 pages encensée par Le Monde et les autres « grands » médias et très populaire auprès d’une certaine « gauche » qui ne voit pas la contradiction. Normal, dans son livre Philippe Corcuff absout ces médias de tout rôle dans cette « confusion ». Au contraire, il dénonce la critique des médias « manichéenne » et « complotiste » d’Acrimed (Observatoire des médias), de Noam Chomsky et d’autres (acrimed.org/Et-ma-lumiere-fut-par-Philippe-Corcuff). Voir aussi la réponse de Vincent Cheynet (du journal La Décroissance) à Philippe Corcuff, vincent.chey.net/reponse-a-philippe-corcuff.htm.

[xiii] Le VAERS (Vaccine Adverse Event Reporting System) est le système étasunien qui permet d’enregistrer les événements indésirables liés aux vaccins. Il a été mis en place en 1990. Ces événements étant enregistrés sur base volontaire, tout le monde s’accorde pour dire que tous ne sont pas rapportés, loin de là même selon certaines études.
Aux États-Unis, le nombre de morts rapportés au 30 juillet 2021 suite à l’injection des quatre vaccins géniques anti-covid est de 6183, alors que le total des décès associés à la vaccination depuis 1990 est de 10 672. Ces six mois de vaccination anti-covid représentent donc à eux seuls 58 % du total des morts rapportés sur 31 ans, c’est énorme. Le taux de létalité du vaccin anti-covid est d’environ 1 pour 27 000, environ 120 fois celui du vaccin antigrippe (un vaccin très utilisé aux États-Unis – 650 millions de doses sur les quatre dernières années). Ces données concordent avec celles de l’UE et de la Suisse.
Ces décès semblant se répartir également selon les tranches d’âge, le constat pour les enfants (de 0 à 14 ans) est terrible, car, à ce jour, aucun enfant en bonne santé (c’est-à-dire sans comorbidité) n’est mort du covid. Pour les moins de 65 ans sans comorbidité, « le vaccin apparaît délétère » (reinfocovid.fr/science/benefice-risque-des-vaccins-covid-par-tranche-dage-donnees-du-1er-juillet-2021/).
Par le passé, on a arrêté des vaccins pour beaucoup moins.