Lettre des objecteurs
de croissance de Liège

         Le 12 novembre 2018

mpOC-Liège
Mouvement politique des objecteurs de croissance
Groupe de Liège

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vous pouvez la consulter, de même que les lettres précédentes,
à l'adresse liege.mpoc.be/lettre/.

 

Bonjour,

« POUR UN XXIe SIÈCLE PAYSAN » est le thème qui sera développé par Silvia Pérez-Vitoria lors de notre prochaine conférence-débat ce jeudi 15 novembre à l’ULiège. Économiste, sociologue et journaliste, Silvia Pérez-Vitoria est l'auteure d'ouvrages percutants ainsi que de films documentaires sur les questions agricoles et paysannes.

Pour compléter notre cycle annuel de 4 conférences, nous aurons :

– Jeudi 24 janvier 2019 : Technologies sans fil, ondes électromagnétiques,… Et notre santé ?, avec Wendy de Hemptinne, physicienne, cofondatrice de l’association ondes.brussels.
– Jeudi 7 mars : Contre le totalitarisme transhumaniste. Avec Michel Weber, philosophe et essayiste.
– Jeudi 9 mai : Penser l’antitourisme. Avec Rodolphe Christin, sociologue, auteur de plusieurs essais dont le Manuel de l’antitourisme.

Plus de précisions sur ces conférences dans l’agenda ci-dessous ou sur notre site www.liege.mpoc.be.
 

  Sommaire

– Notre prochain dimanche convivial
– L'agenda du mpOC-Liège
– Le système Pierre Rabhi
– Climat et effondrement
– La débâcle du nucléaire annoncée, présente et à venir
– Contre le déploiement des compteurs communicants
– Pétitions
    

Notre prochain dimanche convivial

Le 9 décembre 2018

Balade pédestre dans l’Eifel et les Hautes Fagnes, au départ de Monschau (Montjoie) jusqu'à la maison forestière de Ternell (musée de la Forêt), en passant par le versant allemand.

Distance : 14 km ; il y a différentes possibilités de raccourcir le parcours (dans tous les cas, on se retrouve à Ternell).

Horaires :

Recommandations

Remarque
Pour être tenu au courant des informations de dernière minute à propos des balades, abonnez-vous à la lettre Marcher avec le mpOC-Liège.

L'agenda du mpOC-Liège

Le système Pierre Rabhi

Salle comble à l’Université de Liège ce jeudi 11 novembre 2018 pour écouter Jean-Baptiste Malet à propos de son article « Le système Pierre Rabhi », publié dans Le Monde diplomatique du mois d’août*. Manifestement, l’organisateur de la soirée, l’asbl Barricade, au vu des nombreux messages en tout genre reçus avant la soirée, craignait les dérapages, verbaux du moins. Il n’en n’a rien été ; on le doit certainement aux qualités des uns et des autres : le public, l’invité du jour et l’animateur de la soirée.

On savait Pierre Rabhi dénier toutes les formes de domination, en particulier celles de classe et de genre, et un adepte du développement personnel privé de toute action politique et collective. Accompagnant le capitalisme – refusant même d’en parler –, la voie Rabhi ne donne aucune chance aux générations futures en préparant une fin de siècle où réchauffement climatique de 3 ou 4 degrés, extinction massive des espèces et destruction de l’écosystème Terre seront réalités.

On connaissait moins les dessous de la construction du mythe Rabhi et de son ascension médiatique. C’est maintenant chose faite avec cette enquête très documentée. Gageons qu’il faudra encore du temps pour qu’elle percole dans les consciences chères à Pierre Rabhi : en effet, celui-ci est de nouveau annoncé à Bruxelles en décembre ; avec près de mille réservations, celles-ci sont déjà clôturées malgré un prix d’entrée à 15 €.

Deux bémols cependant dans le chef de l’intervenant. Tout d’abord nous ne connaissons pas de « militants de la décroissance qui soient des fans de Pierre Rabhi ». Plus important, la critique de la biodynamie nous semble trop rapide et manquer de fondement, même en comprenant que Pierre Rabhi en a fait un usage déplacé au Burkina Faso.

Climat et effondrement

Limiter le réchauffement du globe à 1,5°C est vital pour nombre de populations humaines et autres. En octobre 2018, le GIEC a publié un rapport Réchauffement planétaire de 1.5°C, un rapport commandé lors des négociations de la 21e Conférence des Parties (COP21 à Paris en 2015) ; il fait le point sur les conséquences d'un tel réchauffement en comparaison avec un réchauffement de 2°C. Comment y arriver, sous quels scénarios ? Selon le rapport, c’est encore possible à condition de mettre en œuvre des transformations radicales et rapides dans tous les domaines de notre société.

Toutefois, à l’origine de ce nième rapport du GIEC, il y a un biais de taille qui jette le trouble sur ses conclusions et scénarios. C’est après la COP21 de Paris en 2015 que les Nations unies ont commandité aux scientifiques du climat réunis dans le GIEC* un « rapport spécial » proposant des moyens « réalisables » de limiter le réchauffement planétaire à 1,5 degré tout en soutenant la croissance économique et en réalisant les objectifs de développement durable (sic) de l'ONU.

Pourtant, l’histoire, de la révolution industrielle à nos jours, montre que l’augmentation du principal gaz à effet de serre, le gaz carbonique, est indubitablement lié à la croissance du PIB mondial, lui-même lié à la croissance de la consommation de l’énergie et des matières premières, et qu’il n’y a jamais eu de « découplage » entre les deux (c’est bien une des raisons pour lesquelles un des fondements du projet de la décroissance est la « réduction radicale des flux d’énergie et de matières »). De plus, en 1972, le rapport Meadows** a formellement établi que tout scénario de croissance menait à l’effondrement de la société industrielle du fait de l’épuisement des ressources non renouvelables.

C’est bien pourquoi les scénarios proposés dans ce rapport ne peuvent être crédibles. Ils font d’ailleurs appel pour l’essentiel à des techniques de capture de carbone dont le potentiel est tout théorique, même en supposant qu’elles seraient faisables à l’échelle industrielle, ce qui n’est pas plus démontré. C’est dit autrement par l’European Academies Science Advisory Council, le regroupement des académies nationales des sciences des pays de l’Union européenne, dans un rapport publié en février 2018 : il considère que « se reposer sur les TEN*** pour compenser l’échec des réductions d’émissions aurait des implications sérieuses pour les générations futures ».

On comprend que la classe des dirigeants et des puissants de ce monde ne puisse se résoudre à changer un système qui lui est avantageux et considère que la mise en cause de la croissance est politiquement inacceptable. On comprend moins pourquoi les scientifiques du GIEC se sont prêtés à ce jeu de dupe, postposant une éventuelle réponse efficace au défi climatique.

___
* GIEC : Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (IPCC en anglais, Intergovernmental Panel on Climate Change).
** Ou rapport du Club de Rome, actualisé et réédité en 1993 et 2004. Il présente une série de scénarios d’évolution possible de notre monde sur base de différentes conditions initiales (croissance ou non, innovation technique radicale ou non, empreinte écologique, indice de bien-être humain, etc.). Ces scénarios sont produits par un modèle informatique.
*** TEN : « technologies à émissions négatives », c’est-à-dire, qui permettraient de retirer du carbone de l’atmosphère.

Information :

La débâcle du nucléaire annoncée, présente et à venir

Un communiqué de Fin du nucléaire asbl en date du 4 octobre 2018 :

Nous le savons, les sept réacteurs nucléaires belges sont amortis depuis longtemps, 20 ans après leur mise en service(1), dûment payés par les consommateurs via des factures d’électricité élevées, sans qu’il n’y ait jamais eu de débat de société sur ce choix énergétique, ni sur son mode de financement à marche forcée. Grâce à ces réacteurs payés par les consommateurs, à partir de 1995 et plus encore de 2005, Engie-Electrabel(2) a engrangé des bénéfices plantureux. Avec la bénédiction des gouvernements belges successifs, qui, jouant à fond le jeu de la libéralisation du marché de l’énergie, n’en ont récupéré qu’une petite part, pour combler des déficits budgétaires...

Ce n’est pas tout. Depuis la mise en œuvre de la filière nucléaire, celle-ci a profité de toutes sortes de largesses, à commencer par l’accaparement d’une partie importante des budgets publics de recherche. Les provisions pour le démantèlement des centrales et le stockage des déchets sont insuffisantes et leur gestion sujette à caution, 75 % de ces montants étant recyclés par Electrabel pour investissement propre : ils seraient perdus en cas de faillite. Aucune rémunération pour le risque d’accident nucléaire majeur n’est prélevée, bien que le coût d’un tel accident pourrait dépasser les 5.000 milliards d’euros, alors que la responsabilité d’Engie-Electrabel est limitée à 1,2 milliards(3). Terminons par un exemple tout récent : la ministre de l’énergie a attribué 10 millions d’euros à des projets de recherche nucléaire, pris dans un fonds de 28 millions attribué à la transition énergétique(4).

Tant les dirigeants d’Engie-Electrabel que ceux du pays ont considéré ces réacteurs comme une vache à lait personnelle qui durerait éternellement, malgré les avertissements d’associations citoyennes et de quelques rares représentants politiques. En 2005, dans un document émanant d’un groupe d’associations écologistes, on lisait :

« Ce sont les responsables politiques qui seront au pouvoir entre aujourd’hui et 2015-2025 qui détermineront si la loi de sortie du nucléaire de 2003 sera effectivement mise en œuvre. Pour cela, ils doivent dès aujourd’hui mener une politique active pour que les 50 % d’électricité d’origine nucléaire dans notre pays ne soient plus nécessaires ou soient produits autrement. Ceci ne pourra être réalisé que grâce à des choix réfléchis :

Ceci est resté lettre morte[...]
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Contre le déploiement des compteurs communicants

Un collectif d'associations entreprend un recours en annulation des législations sur le déploiement des compteurs communicants en Wallonie et à Bruxelles, devant la Cour Constitutionnelle, à l’initiative des asbl Grappe et Fin du nucléaire avec le soutien d’autres associations, Inter-environnement Bruxelles, mpOC, mpOC-Liège,...

Afin de faire face aux frais de justice et d’avocat qui devraient être compris entre 10.000 et 15.000 €, le collectif vous sollicite pour faire un don. La hauteur de ce montant et la difficulté d'être plus précis viennent du fait qu'il y a deux recours à porter sur des législations relativement complexes et très différentes. Actuellement le montant des dons s’élève à 7.646 €. Toutes les autres activités du collectif sont le fait de bénévoles.

Pourquoi un recours ?

Contexte juridique

Le décret wallon et l'ordonnance bruxelloise sur le déploiement des compteurs communicants ont été votés les 18 et 20 juillet 2018, respectivement. Ces législations établissent que, tôt ou tard, personne ne pourra échapper à ces compteurs sauf à se déconnecter du réseau électrique (et du gaz à Bruxelles). De fait, on lit ceci dans le décret wallon : « Nul ne peut s’opposer au placement d’un compteur intelligent ni en demander la suppression sous peine de ne pouvoir exercer son droit d’accès au réseau ». L’ordonnance bruxelloise comporte une phrase similaire.

Le délai pour déposer un recours est de 6 mois après la publication de la législation au Moniteur. Le décret wallon a été publié le 6 septembre et l’ordonnance bruxelloise le 20 septembre.

Les problèmes soulevés par ce déploiement

Le compteur communicant est un compteur électronique d’électricité, de gaz ou d’eau. Il est contrôlé à distance (par exemple, pour couper un compteur électrique) et transmet des données de consommation individuelles à un centre de données et de gestion.

Les compteurs communicants présentent de nombreux défauts et risques divers, en termes de protection de la vie privée, de santé publique, de coût ainsi que d'impacts sociétaux et écologiques alors qu’on peine à y trouver le moindre avantage sociétal.

Leur déploiement se traduirait par un surcoût important pour le citoyen et les entreprises (compteur plus cher, à faible durée de vie, coût de l'infrastructure et de sa maintenance, surconsommation électrique) et n'est aucunement nécessaire à la transition énergétique comme le prétend le lobby des industriels du compteur communicant (ESMIG - European Smart Metering Industry Group devenu récemment European Smart Energy Solution Providers...).

Le compteur communicant place le citoyen usager sous le contrôle et la surveillance du gestionnaire de réseau en dehors de tout contrôle démocratique et juridique.

Le déploiement des compteurs communicants augmenterait notre exposition aux ondes électromagnétiques mais les conséquences en termes de santé publique sont ignorées par les législations du déploiement. Les éventuelles dérogations pour les personnes EHS (électro-hypersensibles) ne peuvent convaincre.

Les législations votées en juillet 2018 constituent aussi une atteinte au droit d'accès à l'énergie et il n’y pas eu de véritable débat démocratique sur le bien-fondé de ces compteurs.

Globalement, la consommation d'électricité augmenterait car il n'y aura pas d'économie au niveau du consommateur comme le montre l’expérience d’autres pays ; par contre, il y a une consommation électrique supplémentaire par les compteurs, les répéteurs, les concentrateurs et les centres de données.

À ceci, il faut encore ajouter l’énergie consommée tout au long du cycle de vie des compteurs communicants et des autres équipements, énergie très supérieure à celle du cycle des compteurs électromécaniques (les compteurs communicants ont une durée de vie bien plus courte et, comme tout équipement électronique, ils nécessitent un grand nombre de métaux demandant beaucoup d’énergie pour être extraits et raffinés ; comparativement à leurs pendants électromécaniques, leur recyclage est limité et bien plus énergivore).

Il est paradoxal de voir un système promu comme indispensable à la transition énergétique consommer plus d’énergie et de matière que le système qu’il est censé remplacer et, de ce fait, aller à l’encontre des objectifs de limitation du réchauffement climatique.

Pour plus d’information et faire un don, voir le site du Collectif : www.stopcompteurscommunicants.be

Pétitions

Pour le mpOC-Liège,
Francis Leboutte

Mouvement politique des objecteurs de croissance, groupe de Liège
Tél : 04 277 91 42
Courriel : info @ liege.mpOC.be
Site : liege.mpOC.be

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– Fréquence de cette lettre : de 1 à 3 exemplaires par an. Le site est mis à jour régulièrement (agenda, dimanches conviviaux, pétitions, documents divers classés par thèmes,...).
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