Lettre des objecteurs de croissance de Liège

Le 27 avril 2015

mpOC-Liège
Mouvement politique des objecteurs de croissance
Groupe de Liège

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Bonjour,

Ce lundi soir, nous avons rendez-vous à 19 h 30 avec Bruno Poncelet pour un exposé-débat sur l'agenda digital européen (à la salle Lumière de l'ULg, place du XX août - détail à l'agenda ci-dessous). Comme chaque année, le mpOC-Liège sera présent à la fête du 1er mai organisée par la FGTB place Saint-Paul, le moment d'une discussion conviviale et parfois mouvementée. Notez encore :

– Nos dimanches conviviaux du 17 mai à Malempré pour une balade pédestre et une visite de son réseau de chaleur citoyen ainsi que le 28 juin, projection-débat du film Cowspiracy: The Sustainability Secret (VO, sous-titres en français).
– La conférence de Paul Arìès à Namur le vendredi 8 mai à 20 h.
– Les Rencontres écosocialistes 2015 à Bruxelles le samedi 9 mai, avec le soutien du mpOC.
– Le samedi 30 mai à Herstal (10 h), un exposé-débat du mpOC à propos de L'invasion de l'économie numérique et ses conséquences sociétales.
Toutes précisions dans les 2 sections ci-dessous, Nos prochains dimanches conviviaux et L'agenda du mpOC-Liège.


Sommaire

– Nos prochains dimanches conviviaux
– L'agenda du mpOC-Liège
– Un Titanic par semaine
– Pas de nouveaux avions de chasse pour la Belgique
– Rue sans soldats

 

Nos prochains dimanches conviviaux

Le 17 mai 2015, 9 h 45, Malempré

Visite du réseau de chaleur* du village de Malempré et balade pédestre dans une réserve naturelle proche ; petit déjeuner optionnel à la ferme Saint-Martin à Malempré.

Rendez-vous : soit à la ferme Saint-Martin à 9 h 45 pour un petit déjeuner (9 €) ou une tasse de café, soit à 10 h 30, même endroit, pour le début de la visite du réseau de chaleur. Il est nécessaire de réserver le petit déjeuner (numéros de téléphone ci-dessous dans le paragraphe covoiturage).

La balade commencera à Malempré vers 11 h 30 et fait environ 14 km (dont 10 km dans la réserve).
Deux possibilités de raccourcir la balade : se rendre à la réserve en voiture et voir ci-dessous (retour avec le bus de 14 h 43).
S'équiper de chaussures adaptées et prendre son pique-nique.

Comment y aller :

Par le bus 1011 de la TEC : départ à 8 h 20 de l'Opéra (8 h 28 aux Guillemins et 8 h 37 à Chénée Pont). Arrivée à 9 h 18 à l'arrêt Malempré-Bellaire (c'est l'arrêt qui suit celui de Manhay). Ensuite environ 20 minutes de marche pour rejoindre la ferme Saint-Martin.
Covoiturage : pour participer, téléphoner au 0495/26.44.33 jusqu'au 13 mai ; les 14, 15 et 16 mai au 0496/08.32.72.

Horaire des bus de retour : 14 h 43 ou 18 h 43. Ceux qui voudraient rentrer avec le bus de 14 h 43 pourront raccourcir la balade et prendre un itinéraire bis.

* Un projet citoyen où l'eau chaude du réseau collectif est produite par une chaudière alimentée en bois local (haies et plantations).

Le 28 juin 2015, 14 h, Liège

Projection du film Cowspiracy: The Sustainability Secret (VO, sous-titres en français) et débat sur les questions de la production de viande industrielle et de nos habitudes alimentaires ainsi que leur impact sur l'environnement.
Réalisateurs : Kip Andersen et Keegan Kuhn (USA). Durée : 91 minutes.
Goûter à partager sur le mode de l'auberge espagnole : chacun apporte quelque chose à partager. Boissons disponibles sur place.
Plus de précisions à venir.

 

L'agenda du mpOC-Liège

En gras les activités propres du mpOC-Liège ou celles auxquelles il contribue.

 

Un Titanic par semaine

Un Titanic par semaine, c'est ainsi que Charlie Hebo, égal à lui-même (on est bien content pour eux), titre à la une de son édition du 22 avril, un dessin de Luz montrant un bateau surchargé de migrants en train de couler avec à la proue Céline Dion chantant joyeusement My heart will go on, les malheureux naufragés n'ayant d'autre ressource que de se boucher les oreilles. Analyse ci-dessous, avec un communiqué du mpOC, Quelle politique migratoire ?, et Selma Benkhelifa, l'auteure d'une carte blanche dans le journal La Libre, L’urgence d’une autre politique migratoire. Selma Benkhelifa, intervenante à la récente rencontre-débat du mpOC Comment les femmes construisent déjà l’avenir, nous disait faire ce cauchemar : je me vois dans un train fonçant dans un mur, aidant des personnes à y monter.

Quelle politique migratoire ? (mpOC, le 24 avril 2015)

La nuit du samedi 18 avril, plus de 800 migrants ont perdu la vie dans un naufrage en Méditer­ranée. Depuis le début du mois de janvier, ils sont près de 1.800, hommes, femmes et enfants, à s’être noyés en voulant rejoindre les côtes européennes.

Pour ces victimes pourtant, point de minute de silence, pas de déclaration émue de nos diri­geants, aucun « Nous sommes tous des migrants » ne s’affiche à la une des journaux. La vie de ces migrants semble valoir moins aux yeux de nos sociétés que celles d’Européens ou d’Américains assassinés par des terroristes.

Pourtant, en tant qu’objecteur de croissance, nous pensons que tant le terrorisme que ces migrations désespérées poussent sur un même terreau de désespoir, celui répandu dans le monde entier par notre modèle de société occidental. La dictature de la croissance, du producti­visme et du consumérisme exerce une pression sans précédent sur notre environne­ment direct et lointain, sur les hommes et femmes du Nord comme du Sud. Les crises que connait notre époque, crises économique, environnementale, sociétale et humanitaire, sont à ce titre totale­ment interdépendantes.

Rappelons ce constat : sur notre planète, les 20 % des habitants les plus riches de la planète s’accaparent près de 86 % des ressources naturelles. Cet accaparement ne se fait pas dans la douceur mais s’accompagne d’instabilité, de misère et de guerres. Qui peut encore croire aujourd’hui que l’attaque de l’Irak avait pour but le renversement de Saddam Hussein et l’instauration d’une démocratie ? Peut-on sincèrement penser que la guerre malienne n’avait aucun rapport avec la filière nucléaire française ? Il faudrait 4,3 planètes si l’entièreté de la population humaine vivait selon notre mode de vie. Dans ce contexte, nous ne laissons que des miettes à la majorité de la population mondiale qui, devant ces inégalités criantes, n’a que trois solutions : la résignation, la fuite par les migrations ou la lutte désespérée. Pouvons-nous réelle­ment leur reprocher de ne pas se résigner ?

Les crises que nous vivons actuellement, l’immigration massive, les guerres au Proche-Orient, et les catastrophes naturelles ne sont que les prémices de ce que nous réserve l'avenir si nous ne changeons pas radicalement nos sociétés.

C’est pourquoi nous, objecteurs de croissance, demandons à la fois la mise en place de solutions à court et à moyen terme.

À court terme, nous demandons que les gouvernements européens mettent tout en œuvre pour venir en aide aux migrants en mer Méditerranée et pour les accueillir de manière humaine dans les différents pays de l’Union. Une opération de ce type ne représente qu’un pourcentage négli­geable du budget militaire des pays européens. Il est intolérable que nos sociétés d’abondance laissent mourir hommes, femmes et enfants à leurs frontières.

À moyen terme, plutôt qu’une solution hypocrite visant à empêcher les départs depuis l’Afrique, ce qui signifie grosso modo renforcer nos frontières ou mettre en place des régimes forts dans le nord de l’Afrique permettant de refouler ces migrants, nous demandons de grands chantiers d’introspection des Européens et des Occidentaux sur leur rôle dans la crise actuelle et d’en tirer les conclusions qui s’imposent. Contrairement aux propos honteux d’un ancien président français, l’Homme africain est plus qu’entré dans l’histoire et nous avons une dette énorme envers lui. La prospérité de nos sociétés est depuis trop longtemps basée sur l’exploitation (et la destruction) des peuples du Sud jadis à travers l’esclavage, le colonialisme et aujourd’hui la mondialisation.

Il est temps pour nous d’entrer en décroissance afin de donner à chaque être humain de cette planète les mêmes chances d’accès à une existence digne.

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L’urgence d’une autre politique migratoire

Par Selma Benkhelifa, avocate et membre du Progress Lawyers Network. Extraits :

L’ampleur des noyades de ces derniers jours en Méditerranée a mis en évidence la responsabilité de l’Europe. En réaction, l’Europe a décidé de préparer un plan d’action pour empêcher de nouveaux drames en Méditerranée lors d’un sommet extraordi­naire des chefs d’Etats et de gouvernements ce jeudi 23 avril à 16 heures. Déjà lundi, les ministres des affaires étrangères et de l’intérieur se sont réunis. La Commission européenne a proposé une série de dix mesures d’urgence pour faire face à cette crise.

Cette agitation ne doit pas éluder l’essentiel : les mesures annoncées apportent-elles les bonnes réponses ? A y regarder de plus près, aucun des dix points proposés par la Commis­sion européenne ne sauvera qui que ce soit de la noyade, que du contraire. Les 10 "solutions" proposées lundi, et qui devraient se retrouver dans les conclusions du sommet de ce jeudi, sont les suivantes : renforcer l’agence Frontex, détruire les bateaux des passeurs, décrypter les méthodes des pas­seurs, mieux gérer les demandes d’asile, "ficher" les migrants, mieux "répartir" les réfugiés, aider à leur réinstal­lation, renvoyer plus vite les immigrés non autorisés à rester, bloquer les routes utilisées par les migrants, mieux connaître les flux migratoires.

Nous constatons avec effroi que les dirigeants européens profitent du drame humain et d’un millier de morts pour durcir davantage la politique de fermeture des frontières et renforcer la répression à l’égard des victimes. Le décompte est désespérément limpide : 9 mesures sur les 10 proposées par la Commission européenne ont pour objectif clair de consolider des mécanismes qui, contrairement à ce qui est affirmé, n’ont pas pour but de sauver des vies humaines mais bien de rendre impossible l’accès à l’Europe.

Frontex n’est pas une solution mais une partie du problème. Cette agence n’est pas un corps de sauvetage en mer, mais une agence de surveillance des frontières. La surveillance accrue des frontières maritimes de l’Europe implique l’utilisation de routes et de moyens plus dangereux par les migrants. Les opérations de Frontex en mer sont en fait pour partie responsables des naufrages répétés en Méditerranée[...]

Jusqu’à quand allons-nous attendre avant d’organiser des voies légales d’accès afin d’éviter de nouvelles catastrophes humaines ? Jusqu’à quand l’Union européenne tentera de nous faire croire que renforcer les frontières va sauver des vies ? Jusqu’à quand allons-nous participer à des guerres qui créent des millions de réfugiés ? Jusqu’à quand allons-nous vendre des armes sans jamais se soucier de savoir par qui et surtout contre qui elles seront utilisées ? Jusqu’à quand allons-nous piller les richesses de l’Afrique ? Nos banques continuent à spéculer sur les denrées alimentaires et à affamer des millions de gens (2). Jusqu’à quand allons-nous consacrer moins de 0.7 % de notre PIB à la coopéra­tion au développement ? Selon le Ministre Olivier Chastel, 0.64 % étaient bons, certainement vu la situation économique et politi­que de la Belgique (3).

Jusqu’à quand allons-nous subordonner la coopération au déve­loppement à la signature de contrats économiques qui asphyxient les pays du Sud ? Une enquête révèle que depuis 2004 la Banque mondiale a financièrement soutenu des projets qui ont eu pour effet de forcer 3, 4 millions de personnes à quitter leurs terres ou leur logement (4).

Jusqu’à quand allons-nous polluer au point de créer des réfugiés climatiques de plus en plus nombreux ? Jusqu’à quand allons-nous tolérer l’enrichissement des firmes pharmaceutiques qui empêchent l’accès aux soins de santé ? Jusqu’à quand…

On ne peut pas impunément accaparer toute la richesse du monde et se plaindre de la misère du monde. Dans leur grande majorité, les êtres humains souhaitent rester dans leur pays. Ce n’est que poussés par la faim, la misère, la dictature ou la guerre que les gens fuient. S’attaquer aux causes plutôt qu’aux consé­quences serait la solution pour le 21ème siècle. La seule vraie politique migratoire est celle qui aura le courage politique de trouver des réponses aux vraies questions posées. Trouver le courage de dire que 1 % des plus riches ne peuvent pas éternel­lement posséder 48 % des richesses de toute la planète (5). Le reste n’est qu’hypocrisie.

Lire l'article complet.

 

Pas de nouveaux avions de chasse pour la Belgique

Une pétition initiée par le CNAPD, Agir pour la Paix, Intal, Pax Christi Vlaanderen, Vredesactie et Vrede vzw.
Avec le soutien du mpOC et de nombreuses autres associations.

Les motivations : – Les belges ne veulent pas de nouveaux avions de chasse. – L’État belge n’a pas de milliards d’euros à dépenser. – Les missions militaires n’amènent ni la paix, ni la stabilité. – Nous voulons un débat public et démocratique.

Le détail des motivations (PDF, 1 page).
Pour plus d'information et signer : www.pasdavionsdechasse.be.

 

Rue sans soldats

Montrons notre désaccord face à la présence de militaires dans les rues.

La CNAPD, la Ligue des droits de l’Homme et Vrede vzw, conseillés et soutenus par le Progress Lawyers Network, lancent une procédure contre la présence des militaires dans les rues et appellent les associations de la société civile à soutenir leur action (le 5 mai 2015).

Le déploiement de l’armée dans les rues est une mesure illégale car elle n'est en effet un recours ultime en démocratie. L’article 43 de la loi de 1998 organisant un service de police intégré présente dès lors une double condition pour déployer les militaires dans les rues : 1. une menace imminente et 2. la police locale et/ou fédérale n’a pas les moyens suffisants pour répondre au niveau de menace.

Afin d’étendre le plus possible le soutien associatif à cette démarche et pour nous permettre de couvrir les frais judiciaires importants liés à ce dossier, nous faisons appel à vous. Ainsi, nous appelons toutes les associations désireuses à marquer leur soutien par retour de mail ainsi qu’à verser leur participation sur le compte : BE49 0010 6244 8171, avec la communication : « rue sans soldats + le nom de votre association ».

Plus d'information sur les sites du CNAPD et de la Ligue des droits de l'Homme  : www.cnapd.be et LigueDH.be.
L'affiche.

 

Pour le mpOC-Liège,
Francis Leboutte

Mouvement politique des objecteurs de croissance, groupe de Liège
Tél : 04 277 91 42
Courriel : info @ liege.mpOC.be
Site : liege.mpOC.be