Lettre des objecteurs de croissance de Liège

Le 8 février 2015

mpOC-Liège
Mouvement politique des objecteurs de croissance
Groupe de Liège

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vous pouvez la consulter, de même que les lettres précédentes,
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Sommaire

– Nos prochains dimanches conviviaux
– L'agenda du mpOC-Liège
– Le fondement écologique de la critique du capitalisme
– GMT (Grand marché transatlantique) et démocratie
– Pétition : pas d'argent pour le nucléaire - arrêtons Bruxelles !
– Je suis Charlie. Moi non plus.
– Articles ajoutés récemment sur le site

 

Nos prochains dimanches conviviaux

Dimanche 22 mars, balade pédestre à Vielsam

Balade pédestre en boucle au départ de Vielsam.
Distance : 13 km ; dénivelé positif de 180 mètres.

Rendez-vous à la gare des Guillemins pour le train de 10 h 08 en direction de Gouvy,
arrivée à Vielsam à 11 h 13.
Ce train s'arrête aussi aux gares de Herstal, Liège-Palais, Liège-Jonfosse, Angleur et Poulseur.
Retour : train toutes les heures paires et 49 minutes.
Coût du billet de train week-end aller-retour : 11 €.

Prendre son pique-nique et de bonnes chaussures.
Numéro de téléphone du jour : 0485.91.19.07.

 

L'agenda du mpOC-Liège

En gras les activités propres du mpOC-Liège ou celles auxquelles il contribue.

 

Le fondement écologique de la critique du capitalisme

Christian Arnsperger, économiste et philosophe, analyse sans concession le capitalisme mais aussi le marxisme sous l'angle du réalisme écologique. Extraits de cet article paru dans Agir par la culture (numéro 40, hiver 2014) :

Imaginer aujourd’hui un avenir socioéconomique viable, donc écologiquement soutenable dans la durée, c’est devoir se transposer dans une configuration énergétique et ressourcielle très différente de celle que nous connaissons actuellement. La critique du capitalisme ne peut éviter aujourd’hui de s’ancrer dans un réalisme écologique, tout simplement parce que c’est par la lente désintégration environnementale qu’il est en train d’engendrer que le capitalisme va s’autodétruire en tant que logique systémique. 

Le réalisme écologique s’oppose de manière frontale aussi bien au capitalisme qu’au marxisme : la prospérité du futur sera une prospérité sans croissance, si elle doit être davantage qu’un feu de paille alimenté par les quelques « innovations vertes » encore capables d’attiser un temps un moteur qui perd son souffle.

Le réalisme écologique, informé par la bio-économie et l’écologie industrielle, permet de reconnaître aujourd’hui ce que le marxisme et les socialismes des 19 e et 20 e siècles ignoraient, tant ils baignaient dans un scientisme naïf et dans une vision presque comique du progrès : le moteur ultime de la croissance économique, censée procurer aux membres de la société sans classes une opulence sans précédent, n’est ni le travail humain ni le progrès technique mais bien la disponibilité de ressources énergétiques abondantes et aisément extractibles, donc peu coûteuses[...]

Trois siècles de capitalisme et trois décennies de libéralisation des marchés financiers et du commerce planétaire n’auront manifestement pas permis que l’Afrique s’enrichisse et que le Nord opulent renonce à ses excès afin que le monde converge vers un style de vie et une empreinte écologique globale proche de celui du Costa Rica … Or c’est bien ce sentier de recomposition et de redistribution qui s’impose aujourd’hui – non pas pour des raisons idéologiques mais pour des raisons purement géophysiques.

VERS LA CRISE RESSOURCIELLE DU CAPITALISME

Nos institutions internationales, dominées par les nations qui auraient le plus à « perdre » à court terme dans la prise en compte des raréfactions écologiques, ne feront sans doute rien, ou en feront sans doute trop peu, trop lentement[...] Du coup, de la même manière que les défauts sur quelques crédits « subprime » aux Etats-Unis en 2007-2008, l’épuisement exponentiel de certaines ressources-clé créera une onde de choc qui se propagera par effet domino : un effondrement rampant, ou effritement graduel, de la base énergétique et ressourcielle du capitalisme le rendra non viable et forcera de façon plus ou moins brutale des populations de plus en plus nombreuses à mettre en place, tant bien que mal, de nouveaux schémas socioéconomiques caractérisés par la combinaison de ressources limitées et à l’acheminement coûteux, de technologies à basse productivité et de niveaux plus bas de consommation en biens intermédiaires (y compris énergétiques) et en biens finaux.

Le réalisme écologique prend acte de cette perspective d’évolution structurelle inscrite dans la structure même de la logique productiviste, consumériste et « croissanciste » du capitalisme. Il existe d’autres variantes de cette logique ; le capitalisme a toutefois été l’une des manières les plus performantes de la mettre en place, notamment en intégrant la création monétaire dans la logique de la croissance (puisque tout crédit, octroyé sur la base des leviers que sont les capitaux propres et les réserves liquides de la banque prêteuse, est un « pari » sur la valorisation à venir du capital de l’entreprise débitrice et implique, au niveau macroéconomique, la nécessité d’une croissance du PIB réel). In fine, la création monétaire ne s’adosse, dans le capitalisme, que sur une seule et unique hypothèse devenue aujourd’hui erronée : la géosphère offrira toujours suffisamment de « sources » (matières premières diverses à extraire de la lithosphère) et de « puits » (décharges à creuser dans la lithosphère, concentrations en gaz à effets de serre à intensifier dans l’atmosphère) afin que nos productions et nos consommations finales puissent croître indéfiniment et valoriser indéfiniment des capitaux réels et financiers en quête perpétuelle de nouveaux débouchés.

PRENDRE LE CHEMIN DE LA SOBRIETE

[...] Le réalisme écologique n’est ni de gauche, ni de droite ; il se fonde sur des faits scientifiques irréfutables. Il pointe vers une réponse qui ne plaît ni aux thuriféraires « droitistes » d’un capitalisme maintenu en vie par une alternance d’austérité et de relance, ni à ses adversaires « gauchistes » traditionnels obsédés eux aussi de croissance perpétuelle : choisir une sobriété imposée par les limites physiques de la planète, une sobriété également répartie entre tous, et donc un retour vers une gestion « communaliste » (parce que tout simplement plus efficace) de toute la zone de la géo-biosphère terrestre comprise entre les sous-sols accessibles et la sortie de l’atmosphère – ce qui requiert, dans le même mouvement, le retour de la monnaie au statut d’un « commun » (et non d’un bien purement privé) et la mise en place d’institutions d’une « démocratie écologique » permettant aux citoyennes et citoyens d’expérimenter avec des formes de vie qui, par la force matérielle des choses, seront post-capitalistes sans même avoir à se formuler ainsi.

L'article en PDF : http://liege.mpoc.be/doc/ecologiepolitique/Arnsperger...

 

GMT (Grand marché transatlantique) et démocratie

Aujourd'hui il y a une tendance à focaliser sur le RDIE (Règlement des différends entre investisseurs et États - voir notre lettre du mois de juin 2014), un des éléments du GMT, pour la raison que plusieurs gouvernement européens ont exposé leur réticence voire leur refus du RDIE. D'autre part, la CE (Commission européenne) a « publié » les résultats d'une enquête d'opinion qu'elle avait organisée sur ce sujet : voir la lettre du mois de juin, Opposez-vous au GMT en 3 minutes, et ce rapport de la CE sur son enquête, Report - Online public consultation on ISDS (PDF, 140 pages). Ce que dit et ne dit pas ce rapport, en bref (merci à Robert Joumard pour cette analyse) :

– La Commission n'aime pas les chiffres quand ils lui sont défavorables : elle n'en publie aucun dans son rapport de 140 pages.
– En l'absence de résultats chiffrés, on peut estimer à partir des résultats qualitatifs donnés par la Commission, que 98,8 % des 149.400 réponses sont défavorables à un mécanisme d'arbitrage privé pour régler les différends des multinationales envers les États (et donc au RDIE).
– Environ 65 % des 569 organisations ayant répondu sont défavorables à ce mécanisme.
– Les trois quarts des syndicats de salariés et ONG sont défavorables à ce mécanisme.
– Une majorité (57 %) des firmes privées et syndicats patronaux sont aussi en défaveur de ce mécanisme.
– C'est même le cas de la plupart des PME (sans doute environ 80 %).
– Par contre les deux tiers des multinationales et syndicats patronaux sont favorables à ce mécanisme.
– Il est donc clair que ce mécanisme est massivement rejeté par les citoyens de l'Union européenne, et par la plupart des entreprises. Seuls les multinationales et les syndicats patronaux y sont favorables, ce qui n'est guère étonnant puisqu'ils ont mis au point, avec la Commission européenne et le gouvernement des États-Unis, le projet de traité euro-étasunien et son mécanisme d'arbitrage privé pour régler les différends des multinationales envers les États.

Cependant, il ne faudrait pas croire qu'éliminer le RDIE du projet de traité le rendrait moins délétère et donc acceptable. Rien n'est à prendre dans ce traité, en particulier ce qui s'y cache sous le nom de Coopération réglementaire : il s'agit ni plus, ni moins que de donner à de hauts fonctionnaires et des groupes de pression la capacité permanente de négocier et signer des accords sur tous points qui n'auraient pas pu être intégrés dans le traité lui-même, sans passer par les parlements nationaux des pays concernés ; ces parlements se verraient aussi interdire d'aborder certains sujets. Comme l'écrit le CEO (Corporate Europe Observatory, un observatoire citoyen de l'influence de l'industrie dans les décisions de l'Union Européenne) dans son analyse, l’idée stratégique derrière la coopération réglementaire est une échappatoire commode au contrôle démocratique. Elle est particulièrement dangereuse car elle vise à réduire davantage le droit de regard public sur politique commerciale de l’UE, alors que celle-ci est déjà très opaque.

– L'analyse du CEO : La “coopération réglementaire”, une menace pour la capacité démocratique des pouvoirs publics à réguler (PDF, 6 pages).
– Voir cette vidéo de 3 minutes sur le site du CEO : La Coopération Réglementaire - Une menace pour la démocratie.

Terminons par une bonne nouvelle qui demande cependant confirmation : la victoire de Syriza en Grèce pourrait signifier l'arrêt du GMT, à condition que la Grèce reste au sein de l'UE (le bras-de-fer entre l'UE et la Grèce ne faisant que commencer, on ne peut exclure cette hypothèse même si elle parait peu probable aujourd'hui) et pour autant que la nécessaire unanimité des États membres de l'UE pour la ratification de ce traité soit confirmée (la Cour de justice de l'UE a été saisie sur ce sujet par la CE...). En effet, Syriza, qui ne « votera jamais » le GMT selon le tout nouveau ministre adjoint pour la réforme administrative Georgios Katrougkalos, n'est qu'à 2 sièges de la majorité absolue au parlement grec et comme Syriza n'y est pas le seul parti à s'opposer au GMT...

Tout ceci constitue une nouvelle confirmation du fait que l'UE se construit contre l'intérêt du citoyen européen et au profit de la minorité régnante. Comme si ce n'était pas suffisamment clair, dans un élan pédagogique sans doute, Jean-Claude Juncker, le nouveau président de la Commission européenne, vient de déclarer au journal Le Figaro qu'« il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens déjà ratifiés ». Pas question donc selon ce président de « la dernière chance »* de mettre en question les traités existants de façon démocratique : serait-ce un encouragement à la lutte armée et au terrorisme ?

*Selon sa propre déclaration : « Ma conviction est que cette Commission sera la Commission de la dernière chance. Soit nous réussissons à rapprocher les citoyens de l’Europe, à réduire dramatiquement le chômage et à redonner une perspective aux jeunes européens, soit nous aurons échoué. Je voudrais que nous saisissions cette chance de faire bouger l’Europe ». Nul doute qu’il soit en bon chemin.

Signer la pétition (ICE auto-organisée) contre le GMT : stop-ttip.org (aujourd'hui le nombre de signatures dépasse le million 400.000 - objectif : 2 millions).
– Plus d'information sur le GMT (le pourquoi de l'ICE auto-organisée, le suivi de cette pétition, dossier, vidéo et liens) : www.liege.mpOC.be#GMT

 

Pétition : pas d'argent pour le nucléaire - arrêtons Bruxelles !

En Angleterre, dans le Somerset, le groupe Électricité de France (EdF) et le gouvernement anglais veulent construire sur le site nucléaire de Hinkley Point comprenant déjà les 2 centrales A (2 réacteurs arrêtés) et B (2 réacteurs en activité), une nouvelle centrale nucléaire, Hinkley Point C, constituée de 2 réacteurs EPR d'une puissance total de 3,2 GW. Ce projet n'est toutefois finançable que parce qu'il serait massivement subventionné par le gouvernement britannique, ce qui constitue une très nette violation de la loi européenne sur la protection de la concurrence.

Tous les citoyens de l’UE peuvent déposer un recours officiel devant la Commission Européenne (sans frais) pour contester cette décision. Si la pression exercée par les citoyens européens est plus forte que l’influence du lobby nucléaire, nous pourrons amener la Commission à revenir sur cette mauvaise décision.

Plus d'informations sur ce projet de centrale et l'action (dont un film d'animation de 3 minutes).
Introduisez votre recours (voir cet exemple de la lettre telle qu'elle sera envoyée à la CE si vous signez ce recours).

 

Je suis Charlie. Moi non plus.

« Je n’étais pas à la manifestation spontanée du 7 janvier. Des gens ont chanté la Marseillaise. On parle de la mémoire de Charb, Tignous, Cabus, Honoré, Wolinski : ils auraient conchié ce genre d’attitude. » Luz, dessinateur à Charlie Hebdo, survivant.

Au-delà de l'émotion soulevée par cet assassinat, ce qui frappe c'est l'intense instrumentalisation et récupération dont ce triste événement a été l'objet : des chefs d'État et de la classe dirigeante, par leur propre mise en scène à la manifestation du 11 janvier et de leurs dangereux discours d'unité, prémisses d'une « sécurité » renforcée et d'une démocratie toujours plus bafouée ; des médias dominants et de leurs journalistes qui tout d'un coup en deviendraient les héros d'une profession ressuscitée : « Nous pouvons donc mourir pour avoir écrit et fait rire », nous dit l'inébranlable icône outrecuidante du Soir, Béatrice Delvaux, dans un vibrant appel à haut risque pour « continuer à l'ouvrir »... nous qui pensions qu'elle l'avait toujours fermée, sauf quand il s'agissait de défendre patrons et capitaines d'industrie (Alexandre Penasse, Kairos - voir ci-dessous).

«[...]la liberté de presse qui s'achète, par ses lectrices et lecteurs, pour ne pas être vendue. Vendue ? Mais par qui ? Mais par celles et ceux qui la font, à des banques, des industriels, des marchands d'armes, voir la puissance publique et qui viennent préempter ce champ de la liberté qu'ils ont abandonné. Charlie Hebdo, comme nous, est aussi un enfant de La Gueule ouverte. Comme nous, comme La Gueule ouverte, comme toute presse indépendante, ce n'est pas d'argent dont nous avons directement besoin, mais de lectrices et de lecteurs. » (La Décroissance, février 2015, Éditorial satirique en hommage aux martyrs de la barbarie). De 10.000 abonnés et de difficultés de trésorerie en début de cette année, Charlie Hebdo est passé aujourd'hui à 200.000 abonnés et un avenir plus serein en termes financiers. C'est très bien (quelques membres du mpOC y ont contribué même si ce journal a perdu une bonne partie de son âme avec le passage de Philippe Val à la tête de la rédaction) mais n'attendons pas d'autres événements extrêmes pour soutenir ce qui reste encore du vrai journalisme, en particulier les titres engagés dans l'objection de croissance.

Dom Hélder Câmara distinguait trois sortes de violence : « La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés. La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première. La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres. Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue. ». La violence à l'œuvre le 7 janvier n'entre pas dans ces 3 catégories sauf peut-être à l'apparenter à la troisième, la dimension de la folie en plus. Elle découle de la première et du fait religieux ; elle n'est pas que l'apanage de la barbarie moderne, on la rencontre par exemple tout au long de l'histoire de la chrétienté, ensanglantée d'horreurs dont l'Inquisition n'est pas la moindre ; elle contribue au renforcement de la troisième, i.e. la violence répressive et soi-disant « guerre contre le terrorisme ». Éclairage avec ces articles parus pour la plupart à la suite de l'assassinat de Charlie Hebdo :

Lettre ouverte au monde musulman. Abdennour Bidar.
Abdennour Bidar est normalien, philosophe et musulman. Il a produit et présenté tout au long de l’été sur France Inter une émission intitulée « France-Islam questions croisées ». Il est l’auteur de 5 livres de philosophie de la religion et de nombreux articles. Extrait :

Cher monde musulman, je suis un de tes fils éloignés qui te regarde du dehors et de loin – de ce pays de France où tant de tes enfants vivent aujourd’hui. Je te regarde avec mes yeux sévères de philosophe nourri depuis son enfance par le taçawwuf (soufisme) et par la pensée occidentale[...] Et qu’est-ce que je vois ? Qu’est-ce que je vois mieux que d’autres sans doute parce que justement je te regarde de loin, avec le recul de la distance ? Je te vois toi, dans un état de misère et de souffrance qui me rend infiniment triste, mais qui rend encore plus sévère mon jugement de philosophe !

Pour la liberté de réflexion en dehors des dogmes. Bi-mensuel BIOSPHERE-INFO n° 343. Extrait :

Une hypothèse n’a jamais été explorée par les trois religions du livre, celle que Dieu et la nature sont un seul et même être. Savez-vous que Spinoza a été banni de la synagogue d’Amsterdam et qu’il est également considéré comme hérétique par les chrétiens et les musulmans ! Qu’a-t-il bien pu dire qui fasse l’unanimité des trois religions du Livre contre lui ? Il a dit que la racine la plus profonde de la servitude humaine se trouve dans ce préjugé que la Création est une séparation, parce qu’alors toute réunification ne peut être que le fruit d’une médiation. Et l’intermédiaire, c’est toujours un clergé. Mais si Dieu est la Nature et si donc la Nature est Dieu, il n’y a pas de séparation et aucune raison d’instaurer une médiation. Par conséquent, toutes les hiérarchies ecclésiastiques sont des usurpations de pouvoir.

Pas d’unité nationale avec aucun fauteur de guerre. M.O.C. (Mouvement des Objecteurs de Croissance, France). Extrait :

Pour défendre une presse libre et indépendante, les Objecteurs de Croissance réaffirment que ce n’est pas d’unité dont nous avons besoin mais de la diversité culturelle et cultuelle des communautés sur notre territoire. Il ne faut ni stigmatiser les populations immigrées, ni laisser les fascistes installer la terreur dans ces populations, ni laisser nos états renforcer leur arsenal répressif ou criminaliser des mouvements sociaux.

Les dégâts invisibilisés des inégalités sociales et des discriminations racistes et sexistes. Saïd Bouamama. Extrait :

La violence subie a besoin d’un canal d’expression politique collectif faute de quoi, elle se transforme en violence autodestructrice. Nous n’avons pas le choix : l’auto-organisation ou la destruction, l’émancipation collective ou la barbarie.

Mourir pour des dessins. Alain Garrigou. Extrait :

Et puisque l’attaque de Charlie Hebdo relève de l’assassinat politique, autant que du terrorisme, il faut bien chercher pourquoi ce sont ces gens qui ont été assassinés et non d’autres. Car l’émotion suscitée le 7 janvier 2015 dans les salles de rédaction ne saurait faire oublier que la connivence, la pusillanimité et la soumission caractérisent plus l’ensemble des médias que l’insolence, l’impertinence, l’irrévérence de Charlie Hebdo. On ne saurait oublier que ce journal n’a pas exercé sa dérision seulement à l’égard de ses assassins djihadistes mais aussi à l’égard des autres religions qui lui ont intenté des procès, de tous les pouvoirs, des politiques, qui ne les aimaient guère, de l’orthodoxie libérale comme le faisait Bernard Maris, mais aussi des médias « sérieux ». Quelques commentateurs ont eu l’honnêteté de s’en souvenir.

Charlie, je ne veux voir dépasser aucune tête. Alain Gresh. Extrait :

En 1914, l’ensemble des parlementaires, toutes tendances confondues, chantaient « La Marseillaise » debout et à l’unisson. L’union nationale avait alors vu les dirigeants socialistes trahir tous leurs engagements en faveur de la paix, voter les crédits de guerre et avaliser une boucherie qui devait durer jusqu’en 1918. La scène s’est reproduite le 13 janvier à l’Assemblée nationale et l’union sacrée est à nouveau à l’ordre du jour. Mais elle signifie cette fois-ci l’exclusion de la communauté nationale de tous les mauvais Français, et d’abord des jeunes issus des quartiers populaires, désignés par les médias et les politiques comme « ces pelés, ces galeux, dont (viendrait) tout le mal » (La Fontaine). Ils sont responsables, et surtout ne nous interrogeons pas sur les politiques économiques et sociales qui ont abouti à toujours plus d’inégalités, à toujours plus d’exclusion des classes populaires ; et ne remettons pas en question nos engagements à l’étranger. « Nous sommes en guerre », a déclaré le premier ministre Manuel Valls. Et, comme en 1914, ceux qui doutent du bien-fondé de ces stratégies sont des traîtres.

« Je suis Charlie » ? Mon cul ! La Pastèque. Extrait :

Les plus virulents détracteurs [des caricatures] se cachaient toutefois là où on ne les attendait pas. Interrogé sur les responsables de « Charlie », Daniel Cohn-Bendit déclara ainsi : « Moi, je les trouve cons, pour parler français. (…) Ils doivent aimer se faire mal. Ils se disent On va frapper, comme ça on va avoir la police, on va avoir peur, ça va nous faire jouir ! »[...]
Seuls les imbéciles ne changeant pas d’avis, Cohn-Bendit a même considéré que « ce qui est attaqué là c’est le droit à la critique radicale de toutes les religions. Charlie Hebdo c’est la radicalité anticléricale, c’est pour ça qu’ils ont été tués. Notre civilisation ce qu’on veut défendre, c’est le droit à cette radicalité. L’une des dernières formes de l’esprit de mai 68 qui a été assassinée. » C’étaient des cons mais des cons utiles, en quelque sorte…

En République, le blasphème n’existe pas. Jean-Luc Mélenchon.

La contribution écrite par Jean-Luc Mélenchon sur le « Droit au blasphème » dans le « Dictionnaire de la laïcité » publié chez Armand Collin (2011). Il rappelle qu’en République, le blasphème n’existe pas.

Nous ne sommes pas tous Charlie. Alexandre Penasse. Extrait :

Le discours solennel de Hollande au soir du 7 janvier reprend les éléments de propagande classique que l'on vient de décrire.
– Il crée des héros : « ces hommes, cette femme, sont morts pour l'idée qu'ils se faisaient de la France, c'est-à-dire la liberté. Ce sont aujourd’hui nos héros », autour desquels se cristallise le sentiment national et se prépare l'unité.
– Il gomme les différences entre les individus pour les rassembler sous une identité commune. A ce titre, ce n'est pas un journal qui a été attaqué, c'est la France : « aujourd'hui c'est la République tout entière qui a été agressée » ;
– Par cette figure de rhétorique, l'attaque se mue en attaque contre les valeurs de la République[...]
– Il prépare les esprits à la guerre permanente, déploie la stratégie de la tension, instille la peur : « Des forces de sécurité vont être déployées partout, là où il peut y avoir le début d'une menace » ;
– Le plus important : il interdit de penser autrement, il oblige à l'unité (Sarkozy dira dans son allocution : « C'est un impératif d'unité nationale auquel nul ne peut et ne doit se soustraire »[...]

Tout le monde nous regarde, on est devenu des symboles. Luz.

Luz dessine à Charlie Hebdo depuis vingt ans. Il doit la vie au fait d’être né un 7 janvier, et d’être arrivé à la bourre pour la conférence de rédaction de l’hebdomadaire satirique.

 

Articles ajoutés récemment sur le site

Y a-t-il encore des malfaiteurs dans la salle ? FLM (Belgian Field Liberation Movement - Mouvement belge de libération des champs). Décembre 2014.
La fin de 3 années de combat et de procédures judiciaires à l'encontre de 11 militants anti-OGM accusés d’ association de malfaiteurs.

Ludd contre Marx. Marius Blouin (Pièces et main d’œuvre). Février 2015.

La pollution électromagnétique : un scandale sanitaire annoncé. Paul Lannoye (Grappe). Décembre 2014.

Je n’ai pas envie du tout de mourir ! Bouli Lanners (Propos recueillis par Nicolas Crousse, Le Soir). Le 5 janvier 2105.
« Quant à la croissance… Moi j’aimerais bien qu’on amorce une décroissance, à tous les niveaux. »

Viva for Life ne sortira pas 40.000 enfants de la pauvreté. Christine Mahy. Le 23 décembre 2014.

En anglais :

Fracking Fracas: The Trouble with Optimistic Shale Gas Projections by the U.S. Department of Energy. David Hughes. Décembre 2014.

A Public Health Review of High Volume Hydraulic Fracturing for Shale Gas Development. NY-DOH. Décembre 2104.
Le résumé (en anglais) de ce rapport du NY-DOH (le département de la santé de l'État de New-York) par lequel l'État de New-York rejette la fracturation hydraulique (gaz et pétrole de schiste). Décembre 2014.

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Pour le mpOC-Liège,
Francis Leboutte

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