Lettre des objecteurs de croissance de Liège

Le 31 juillet 2014

mpOC-Liège
Mouvement politique des objecteurs de croissance
Groupe de Liège

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Bonjour,

Ce dimanche 3 août le mpOC-Liège vous propose une balade pédestre dans la vallée de la Meuse au départ de Visé et dans le parc naturel d'Oostmaarland (Hollande). Détails ci-dessous dans la section Nos prochains dimanches conviviaux.

Sommaire

– Nos prochains dimanches conviviaux
– L'agenda du mpOC-Liège
– Au pied du mur
– Mourir à 15 ans ?
– Articles ajoutés récemment sur le site

 

Nos prochains dimanches conviviaux

Dimanche convivial du 3 août 2014

Balade pédestre dans la vallée de la Meuse au départ de Visé vers Eijsden et dans le parc naturel d'Oostmaarland (Hollande). Balade à la carte, deux distances de 12 et 20 km, plus une option pour raccourcir. Les marcheurs se retrouveront à Eijsden et pour un pique-nique peu après 13 h.

Deux départs en train de la gare de Liège-Guillemins, différés selon la distance, train en direction de Maastricht :

– À 10 h 17 pour la distance de 20 km. Arrêt à Visé à 10 h 35 (premier départ de balade). Marche de 8 km par la rive droite de la Meuse. En cours de route, visite du parc du château d'Eijsden. Arrivée à Eijsden vers 12 h 30.

– À 12 h 17 pour la balade de 12 km ; arrivée à Eijsden à 12 h 40 (deuxième départ de balade). Rendez-vous avec le premier groupe le long de la Meuse, près de l'embarcadère. Pique-nique.

Promenade à travers le parc naturel d'Oostmaarland (entre 1 h 30 et 2 h).
Retour à Visé par la rive gauche, après avoir emprunté le bac (prix de la traversée : 1 €). Arrivée probable vers 16 h 30. Là, des glaciers nous tendent les bras (profitons-en avant qu'ils ne reculent, eux aussi...).

Option pour raccourcir la balade : terminer la balade à Eijsden au lieu de Visé (moins 8 km).

Téléphone du jour : 0485.91.19.07.

 

L'agenda du mpOC-Liège

En gras les activités propres du mpOC-Liège ou celles auxquelles il contribue.

 

Au pied du mur

Au pied du mur est un article de Pierre Thiesset paru dans le mensuel La décroissance de juin 2014 (N° 110). Pierre Thiesset est journaliste et éditeur (Le Pas de côté).

Extraits :

« Comment pouvez-vous vous autoproclamer journal de la joie de vivre alors que vous n’arrêtez pas d’écrire qu’on va droit dans le mur en poursuivant la quête infinie de croissance ? C’est pas très marrant ça ! » La Décroissance en a reçu un paquet, des courriers de ce genre. Informer sur le pic pétrolier, sur le déclin des ressources naturelles, le dérèglement climatique, la débâcle économique, voilà qui ne fait pas positiver, même en clamant que la vie est ailleurs que dans le PIB. Mais que nous le voulions ou non, nous n’échapperons pas aux réalités physiques de notre bas monde. Alors que les rapports des institutions internationales sur l’état de notre planète se font de plus en plus alarmistes et annoncent sans détour la possibilité d’un effondrement global, la catastrophe devient notre horizon officiel. Peut-on espérer un sursaut dans le marasme ?

Dans les années 1970, les précurseurs de l’écologie politique étaient fréquemment accusés d’être « catastrophistes » et de jouer aux Cassandre. Mais aujourd’hui, leurs alertes sur la destruction accélérée de la biosphère se trouvent validées par les rapports émanant des institutions internationales les plus capitalistes qui soient. Ce n’est plus un obscur journal indépendant comme La Gueule ouverte qui annonce la fin du monde ; ce sont le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), la Banque mondiale, l’ONU, l’Agence internationale de l’énergie, l’Organisation mondiale de la santé… Peu suspectes d’antiproductivisme forcené, ces vénérables autorités font virer leurs voyants au rouge. Année après année, des milliers de pages de plus en plus pessimistes rejoignent les bureaux des décideurs politiques, qui continuent à ne jurer que par la relance de l’économie et le redressement destructif.

Prenons les dernières publications du Giec sur l’évolution du climat. Leurs chiffres réactualisés montrent sans ambages que nous sommes en plein emballement : la fonte des glaces et des neiges s’accélère, tout comme l’acidification des océans, la montée des eaux et le réchauffement de l’atmosphère. La concentration en dioxyde de carbone, méthane et dioxyde d’azote atteint des niveaux sans précédent depuis 800.000 ans, et les émissions de gaz à effet de serre continuent de grimper en flèche. Illustrations frappantes : la moitié des émissions de CO2 d’origine humaine émises entre 1750 et 2010 l’ont été ces quarante dernières années. Entre 2000 et 2010, les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de 2,2 % par an en moyenne, contre 1,3 % entre 1970 et 2000. Les scientifiques montrent clairement que le « développement durable », avec sa foi en un découplage du PIB et des émissions de gaz à effet de serre, se révèle être une mystification. L’intensité énergétique du PIB augmente, la croissance économique est liée à une consommation accrue de combustibles fossiles – jamais l’humanité n’a brûlé autant de charbon[…]

Et voilà que la perspective même d’un effondrement de civilisation n’est plus esquivée. Une étude retentissante financée par la NASA l’a récemment annoncé en ayant recours à des modélisations mathématiques : les niveaux actuels de surconsommation de ressources et d’inégalités galopantes conduisent au chaos(2). Même l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) reconnaît que l’écart entre riches et pauvres, qui continue à se creuser, est toujours plus insoutenable(3). Pour éviter l’effondrement, le rapport des mathématiciens financé par la NASA appelle à réduire le prélèvement de ressources naturelles, à mettre fin à l’inégalité, à partager, sans croire que les gains d’efficacité apportés par la technologie puissent nous sauver : le « progrès » technique s’est au contraire toujours accompagné d’une extraction croissante de ressources[…]

Les puissances dominantes ne peuvent plus cacher le péril. L’alerte avait été sonnée dès le début des années 70, notamment avec ce fameux rapport au Club de Rome qui affirmait : « Le choix est donc clair : ou bien ne se soucier que de ses intérêts à court terme, et poursuivre l’expansion exponentielle qui mène le système global jusqu’aux limites de la Terre et à l’effondrement final, ou bien définir l’objectif, s’engager à y parvenir et commencer, progressivement, rigoureusement, la transition vers l’état d’équilibre(6). » Les déclarations internationales se sont multipliées pour « stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique(7). » Rien n’y a fait. Nous avons poursuivi notre course mortifère[…]

Face à ces perspectives noires, les états-majors des grandes puissances anticipent de futures guerres[…]

Les thèses de la décroissance s’imposent donc jusque dans les rangs des bidasses. Oui, la quête de croissance a conduit à la dilapidation des ressources naturelles et au dérèglement du climat. Oui, nous entrons dans une ère d’emballement incontrôlable et de tensions pour l’accès aux ressources. Il n’y a pas à se réjouir de voir ainsi la technocratie mondiale se rendre compte de l’impasse du développement, de voir la Banque mondiale reconnaître l’existence de limites physiques à l’essor économique ou le Pentagone admettre le déclin énergétique. Car ce sont ces stratèges de l’écologie kaki qui vont prendre en main la pénurie, jusqu’à la militariser, à rationaliser nos existences, à imposer d’en haut un rationnement contraint tout en déversant de nouvelles technologies lourdes. Déjà ils multiplient les évaluations des risques, mesurent notre vulnérabilité région par région. Ceux-là mêmes qui n’ont cessé de promouvoir l’expansion sans fin sont en train de préparer l’étape suivante : la gestion du désastre.

Une telle chape de plomb a de quoi nous tétaniser, simples mortels. Notre destin officiel ressemble au No future des punks. Tous nos rêves démiurgiques d’avenir radieux, de progrès infini, de contrôle total de la planète par la technoscience, nous pouvons en faire le deuil. Mais plutôt que de sombrer dans une dépression paralysante, ce peut être aussi l’occasion de reconquérir notre dignité d’êtres humains, de renouer avec le sens de la mesure, de la modestie, de l’autolimitation, en simplifiant radicalement nos modes de vie, dans l’entraide et la partage. Pour affronter, debout dans la tourmente, cette réalité inextricable, « et rendre la situation aussi vivable que possible(9) »

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(2) Article de Paul Morel, « Huissier », dans l’Encyclopédie anarchiste de 1934.
(3) « Croissance nulle au 1er trimestre : ni retournement ni inversion », communiqué de presse de Florian Philippot, 15-5-2014.
(6) Lire « La décroissance, chemin vers l’égalité », La Décroissance n°109, mai 2014.
(7) Extrait d’un texte parmi d’autres : il s’agit ici de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, signée en 1992.
(9) Propos de Clive Hamilton dans une excellente interview de Laure Noualhat, Terra Eco, 5-2014.

 

Note du mpOC-Liège :

Comme Pierre Thiesset et les objecteurs de croissance, le grand philosophe et précurseur de la décroissance Cornelius Castoriadis n'en pensait pas moins en posant l'alternative d'un régime totalitaire à la sortie positive du productivisme par la mise en place d'une société frugale et conviviale (Une société à la dérive, Entretiens et débats 1974-1997, Seuil, 2005) :

Il ne faut pas oublier que l’énorme succès du capitalisme s’appuie, entre autres, sur une destruction irréversible de ressources biologiques que trois milliards d’années ont accumulées sur terre. Il y a là une sorte de barrière contre laquelle on est précipité à toute vitesse[...] Phénomène d'autant plus angoissant qu'encore une fois, nous courons contre ce bloc de granit qu'est l'impasse écologique. À moins que l'humanité se ressaisisse, elle risque fort alors de se retrouver avec un régime totalitaire[...] Et, s'il n'y a pas un nouveau mouvement, un réveil du projet démocratique, l'écologie peut très bien être intégrée dans une idéologie néo-fasciste[...] L'insertion de la composante écologique dans un projet politique démocratique radical est indispensable. Et elle est d'autant plus impérative que la remise en cause des valeurs et des orientations de la société actuelle, impliquée par un tel projet, est indissociable de la critique de l'imaginaire du « développement » sur lequel nous vivons.

Inutile d'insister sur toute l'importance du soutien à la presse et l'édition indépendantes dont la survie ne tient souvent qu'à un fil :

Le mensuel La décroissance est bien distribué à Liège (3,5 €). Abonnement pour la Belgique : 31 € (ou plus pour soutenir). Ancien numéro 2,5 €, port compris. Abonnement et anciens numéros à commander via ce formulaire. Voir aussi cette liste de périodiques consacrés au projet socio-politique de la décroissance.

Pour une introduction à Cornelius Castoriadis et soutenir une maison d'édition en difficulté : Cornelius Castoriadis ou l’autonomie radicale par Serge Latouche (Le passager clandestin, Les Précurseurs de la de la décroissance, 2014, 96 pages).

Mourir à 15 ans ?
Ne laissons pas gagner un système qui détruit le livre !

Source : www.aden.be

Comment sauver les Éditions ADEN ?

« Il y a tant de paires d'yeux qui ont été enfin ouvertes grâce à Aden, tant de silences qui ont été brisés, que ça me fend le cœur d'apprendre la nouvelle de la faillite. Quand je pense à toutes ces boîtes qui font du fric avec de la bouse alors qu'Aden a, depuis le début, fait le pari de la qualité (des textes, de la réflexion, de l'aspect physique du livre, de tout ce qui est la patte d'un grand éditeur), ça me dégoûte. Aden est unique dans notre minuscule pays, et unique dans le paysage éditorial francophone, les livres qu'ils ont faits, il n'y a qu'eux qui pouvaient les faire. Je suis fier d'avoir été publié là-bas, dans ce genre d'endroit bien rare où l'on veut produire du bon et du beau, même si ce n'est pas ça qui rapporte. » Nicolas Marchal, auteur d’Agaves féroces.

L’annonce de la faillite d’Aden a suscité une vague de réactions incroyables qui ont montré à quel point le travail réalisé pendant ces 15 ans n’a pas été vain.

Construire Aden a été une longue bataille qui a porté ses fruits, malgré le climat délétère de la chaîne du livre, cascade de faillites dans l’édition, disparition de librairies, mutation des habitudes de lecture,…

Aussi, la nécessité de préserver notre catalogue nous impose, dans ce contexte, de lancer une campagne de soutien sans précédent pour sauver notre maison d’édition ! Il n’est pas envisageable de laisser ce formidable outil d’émancipation intellectuelle sombrer. Impossible pour nous d’imaginer ce catalogue composé de la belle énergie de nos auteurs et de plus de 200 titres finir au pilon. Il est des patrimoines qui ne peuvent disparaître sans que ce soit une perte pour tous. Peut-on prendre le risque de voir disparaître un outil sans lequel l’expression de certains courants de pensée ne seront plus possibles dans le champ éditorial ? La réponse va de soi !

Des auteurs, des amis, des libraires, tous les secteurs de la chaîne du livre se mobilisent pour sauver notre maison d’éditions et continuer cette belle aventure.

L’ASBL JOLI MAI avec l'aide d’autres associations et librairies lance une campagne de soutien financier pour racheter le catalogue des Éditions Aden et le rendre à nouveau disponible dès la rentrée.

Cette opération financière nécessite de gros moyens : il nous faut 50.000 euros pour relancer cette aventure éditoriale et tous les dons sont les bienvenus !

Soutenez-nous en versant votre soutien sur le compte de l’ASBL JOLI MAI (BE58068895053379).

Vous avez des questions, des idées ? Téléphonez-moi, Gilles MARTIN : 0470590262

 

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Pour le mpOC-Liège,
Francis Leboutte

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