Lettre des objecteurs de croissance de Liège

Le 25 janvier 2014

mpOC-Liège
Mouvement politique des objecteurs de croissance
Groupe de Liège

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vous pouvez la consulter, de même que les lettres précédentes,
à l'adresse liege.mpoc.be/lettre/.

 
Bonjour,

Comme annoncé dans la lettre précédente, en janvier et février, nous n'organiserons pas de dimanches conviviaux, mais bien ces deux soirées sur le thème de la raréfaction des ressources naturelles, l'effondrement civilisationnel et comment nous y préparer :

– Le mercredi 29 janvier, soirée projection, exposé et débat à l'occasion de la sortie du DVD du film d'animation Sans Lendemain consacré à la problématique de l’épuisement des ressources naturelles et de la croissance, un film étasunien dont la traduction et le doublage en français ont été assurés par le mpOC-Liège. Voir l'agenda ci-dessous pour plus d'information.
– Le jeudi 27 février, nous aurons une conférence-débat avec Serge Latouche : Construire l'avenir avant ou après l'effondrement ? Serge Latouche est professeur émérite d’économie à l’Université d’Orsay et le plus connu des théoriciens du mouvement sociopolitique de la décroissance. Voir l'agenda ci-dessous.

 

Sommaire

– Nos prochains dimanches conviviaux
– L'agenda du mpOC-Liège
– Propositions de lecture
   – Nos enfants nous accuseront-ils ? (Serge Latouche)
   – Lettre au Parlement wallon
   – Jamais la condition des animaux n'a été aussi misérable
   – La déchirure - Souffrance et déliaison sociale au XVIIIe siècle
   – Autres articles

 

Nos prochains dimanches conviviaux

Dimanche 23 mars 2014

Balade pédestre. Détails à venir (départ en train comme à l'habitude).

 

L'agenda du mpOC-Liège

En gras les activités propres du mpOC-Liège ou celles auxquelles il contribue.

Propositions de lecture

Nos enfants nous accuseront-ils ?

Une article de Serge Latouche, Professeur émérite d’économie à l’Université d’Orsay et objecteur de croissance, paru dans le journal Moins! N° 3 (article aimablement transmis par la rédaction de ce journal romand d'écologie politique - www.achetezmoins.ch). Extraits :

En reprenant sous forme interrogative le titre du film de Jean-Pierre Jaud, « Nos enfants nous accuseront », j’entends aborder la question du rapport entre les générations à la lumière de la crise écologique et dénoncer l’imposture d’une science économique, totalement aveugle sur le sujet(1). L’économie standard, en déniant l’existence de l’environnement ou en le sous-estimant, par exemple à travers l’artifice de taux d’actualisation mystificateurs, sacrifie les générations futures.

L’impérialisme de l’économie de croissance sur la société.
L’économie s’est développée sur l’ignorance des limites de la planète et les économistes ont fondé leur discipline sur le déni de la nature. La société de croissance dans laquelle nous vivons repose sur une triple illimitation : illimitation dans la production de marchandises - et donc le prélèvement des ressources renouvelables et non renouvelables, illimitation dans la production des besoins – et donc des produits superflus, illimitation dans la production des rejets – et donc dans l’émission des déchets et de la pollution (de l’air, de la terre et de l’eau). A la suite du prix Nobel de chimie, Paul Cruzen, les savants ont admis que nous étions entrés dans une nouvelle ère : l’anthropocène. L’homme est devenu une puissance tellurique capable d’interférer avec les grands cycles de la planète. L’impact de l’action humaine atteint maintenant un seuil tel que celle-ci perturbe et modifie le fonctionnement de l’écosystème terrestre. La nature est sommée de devenir une machine à satisfaire puis à absorber les excès humains, ce qu’elle ne peut plus faire(2). Les symptômes de la crise écologique sont patents : dérèglement climatique, trous dans la couche d’ozone, montée des océans, fin du pétrole bon marché, 6ème extinction des espèces…

D’ores et déjà nous dépassons largement la capacité de régénération de la biosphère. Nous vivons sur le patrimoine et pas seulement sur le revenu. Nous ne nous contentons pas de manger les fruits, nous attaquons l’arbre lui-même. Pourtant, nous ne sommes pas propriétaires de la planète, nous l’avons seulement empruntée à nos enfants. Rembourserons-nous l’emprunt ?[...]

Les penseurs de la modernité avaient préparé le terrain en posant les bases d’une séparation radicale des hommes et de la nature, justifiant ainsi la foi de la technoscience et du productivisme dans l’artificialisation du monde. La nature devient un adversaire radical du genre humain. Lutter contre elle est le contenu le plus tangible de l’intérêt commun de l’humanité. « La nature, écrit Francis Bacon, est une femme publique ; nous devons la mater, pénétrer ses secrets et l’enchaîner selon nos désirs(3). » De son côté, René Descartes assigne à l’homme moderne la mission de s’en rendre maître et possesseur.

La science économique et les économistes se sont engouffrés dans la brèche ainsi ouverte, ignorant superbement les limites de l’écosystème[...]

Pour les économistes néoclassiques, en effet, le développe-ment est presque naturellement durable. Rappelons que W. V. Rostow définit le développement comme self sustaining growth (une croissance auto-soutenable). Certains, un brin provocateurs, vont jusqu’à dire que ce sont eux, les vrais partisans du développement durable, avec l'instauration des « droits à polluer » et la marchandisation de l'environnement, John Richard Hicks, ayant défini le revenu national comme le produit annuel que le capital (y compris naturel...) permet de dégager sans qu’il lui soit porté atteinte. Selon Stéphan Schmidheiny, animateur d'une association d'industriels favorables au développement durable (le World Business Council for Sustainable Development, WBCSD), conseiller de Maurice Strong, président du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), pour l'organisation de Rio 92 : « Le développement durable est réalisé au mieux grâce une concurrence ouverte au sein de marchés correctement organisés qui respectent les avantages comparatifs légitimes. De tels marchés encouragent l'efficience et l'innovation qui sont toutes nécessaires à un progrès humain durable »(8). L’économie verte qui a triomphé à la conférence de Rio en 2012 se situe dans la plus parfaite continuité. Une fois de plus, il faut laisser-faire et avoir confiance dans le marché qui, avec le temps, résoudra tous les problèmes[...]

Le déni de la dette intergénérationnelle dans la société de croissance
« Une société entière, une nation et même toutes les sociétés contemporaines réunies, écrivait déjà Karl Marx, ne sont pas propriétaires de la Terre. Elles n’en sont que les possesseurs, elles n’en ont que la jouissance et doivent la léguer aux générations futures après l’avoir améliorée en boni patres familias »(11). Malheureusement, les marxistes, pas plus que les économistes orthodoxes, n’ont intégré le message et la dette intergénérationnelle est passée à la trappe[...]

La planète ne négocie pas et nos enfants nous accuseront de les avoir sacrifiés sur l’autel de l’économie.

Et c’est ainsi que les gouvernants étasuniens successifs décident de ne rien faire pour limiter l’effet de serre. L’absen¬ce de liens de causalité clairs entre dégâts environ-ne¬mentaux et dégradation des conditions de produc¬tion économique a contribué, selon John Bellamy Foster, via l’analyse standard coûts-bénéfices, à justifier une politique d’adaptation au réchauffement climatique plutôt qu’une politique d’adoption de mesures destinées à en ralentir la progression (ce qui aurait augmenté les coûts de produc-tion)(12).

Conclusion
« Jamais, note Alexander Langer, le fondateur du mouvement vert en Italie, une génération n’a eu autant de responsabilité et autant de pouvoir sur ses actions que la nôtre. Et jamais une génération avant la présente n’a eu entre ses mains la décision même de laisser se poursuivre la succession des générations ou de l’interrompre ou tout au moins de lui faire courir le plus grand risque(13) ». Cependant, la perspective d’un suicide collectif semble à beaucoup moins insupportable que la remise à plat de nos pratiques et qu’un changement de modèle. Très certainement nos enfants nous accuseront, car nous sommes tous responsables. Nos élites politiques et économiques, d’abord, plus promptes à sauver la Banque que la banquise, mais aussi les citoyens ordinaires plus soucieux de leur niveau de vie que de celui des océans. « Les enfants que nous allons mettre au monde, prédisait André Gorz, n’utiliseront plus, dans leur âge mûr, ni l’aluminium, ni le pétrole ; (…) en cas de réalisation des actuels programmes nucléaires les gisements d’uranium seront alors épuisés. »(14) Alors, si nous voulons éviter l’effondrement et assurer un futur, si possible harmonieux, à nos enfants, c’est d’abord au système économique, à la logique de la croissance exponen¬tielle illimitée que nous devons nous attaquer.

Sur le site du mpOC-Liège vous trouverez une dizaine d'articles de Serge Latouche, y compris l'intégralité de celui-ci.

Lettre au Parlement wallon

Lettre d'un membre du mpOC au Parlement wallon dans le cadre de l’enquête publique sur les implications du pic pétrolier pour la Wallonie. Extraits :

1970 a été l’année du pic de production du pétrole étasunien avec 9,6 Mb/j (méga-baril ou million de barils par jour). Ce pays qui à l’époque trustait les premières places de producteur de pétrole, de consommateur et de puissance industrielle a eu beau multiplier son nombre de puits de pétrole par quatre, il n’a pu empêcher une réduction de sa production de 30 % dix années plus tard. Le reste du monde ne pouvait que suivre. 2001 fut l’année du pic de production des pays producteurs hors OPEP et CEI (35 Mb/j). Et, finalement, depuis 2005, la production mondiale de pétrole brut stagne selon un plateau ondulant autour de 73 Mb/j tandis que les quantités exportées disponibles sur le marché international ont baissé de 5 % (43 Mb/j en 2012). Si les tendances actuelles perdurent, l’Europe et les pays importateurs pourraient se trouver privés très rapidement de tout accès au pétrole d’importation, d’ici deux ou trois décennies.

On fait actuellement grand cas du pétrole de schiste et d’autres pétroles non conventionnels, suivant en cela les États-Unis qui y voient un nouvel eldorado les conduisant à l’indépendance énergétique. S’il est vrai que la production intérieure des USA est de nouveau en hausse depuis quelques années, la réalité est bien différente ainsi que le montre la figure ci-dessous : malgré l’optimisme de cette prévision, un nouveau pic de production étasunien serait atteint en 2019 à environ 7,5 Mb/j, bien en-dessous du pic de 1970 et qui, à cette date, ne pourrait satisfaire que la moitié de la demande projetée. Par ailleurs cette extraction nécessite une technique de production très agressive, la fracturation hydraulique qui se fait au prix d’atteintes à l’environnement naturel sans précédent : pollution irrémédiable des nappes phréatiques, pollution du sol et de l’atmosphère. Difficile d’imaginer ces territoires entiers mités de dizaines de milliers de puits de pétrole nécessitant un incroyable réseau de routes et de tuyauteries (un puits environ tous les kilomètres, chaque puits n’ayant qu’un débit modeste et s’épuisant très vite (moins 50 % au bout d’un an). D’où le besoin de forer de nouveaux puits frénétiquement). J’ose espérer que la Wallonie ne s’engagera pas dans la poursuite de cette chimère.

Aujourd’hui un habitant de la Belgique consomme en moyenne 10 litres de pétrole par jour, ce à quoi il faut ajouter 10 litres d’équivalent-pétrole pour les autres sources d’énergie dont la plus grande partie est aussi en voie d’épuisement (gaz naturel et charbon). Malheureusement la facture des matières non renouvelables ne s’arrête pas là : actuellement, nous utilisons quelques 40 métaux pour produire tant et plus des objets de toutes sortes dont nous n’avons pas souvent réellement besoin. Au rythme actuel d’extraction et pour la plupart d’entre eux, les réserves seront épuisées dans une trentaine d’années. Même chose pour les minéraux comme les phosphates si utiles à l’agriculture industrielle et dont le pic de production sera atteint dans une dizaine d’années.

On peine à distinguer dans les projets actuels du gouvernement wallon quoi que ce soit qui prépare­rait le pays aux changements radicaux qui nous attendent. Au contraire, nombreux sont les signes qui laissent augurer que rien ou presque ne sera fait. Ainsi du tout récent projet d’investisse­ment de 500 millions d’euros au seul profit du transport aérien low-cost, pour amener les passagers du centre de Charleroi à l’aéroport de Gosselies[...]

Se préparer sans tarder en s’engageant résolument dans une société faite de sobriété et de partage vers un futur pauvre en énergie permettrait de freiner ce désastre annoncé tout en limitant – autre menace redoutable – l’impact du bouleversement climatique : Si nous voulons atteindre l'objectif mondial de 2 °C, notre consommation, d'ici à 2050, ne devra pas représenter plus d'un tiers des réserves prouvées de combustibles fossiles (Agence internationale de l’énergie, rapport 2012). Il est plus que temps d’agir. Or à ce jour je ne vois rien venir, au contraire j’ai l’impression que les élus se contentent encore et toujours de la religion de la croissance et de la croyance en une technoscience salvatrice. Des solutions plus réalistes et plus modestes seraient-elles hors de portée de leur réflexion et de leur action ?

Lire la lettre au complet (PDF sur le site du mpOC-Liège).

Jamais la condition des animaux n'a été aussi misérable

Un article de Corine Pelluchon, philosophe, paru en décembre 2013. Extrait :

Les fêtes de fin d’année ne sont guère réjouissantes pour les oies et les canards mulards qui, pendant trois semaines, doivent ingurgiter deux fois par jour 450 grammes de nourriture en quelques secondes afin que leur foie atteigne dix fois son volume normal. A la même période, on trouve dans les vitrines des manteaux avec des cols en raton laveur.

Ceux qui penseront que, pour moi, manger un animal ne va pas de soi et qu’ainsi je me sépare des autres humains n’ont pas tort, puisque chaque fois que je vois quelqu’un manger un sandwich au jambon, je pense à l’animal dont il provient. Ils se diront que je souhaite l’abolition de la corrida et la suppression de l’abattage rituel. A quoi bon les contredire ? Pourtant, il me semble que, sans me rejoindre sur tout, mes concitoyens pourraient s’abstenir de consommer du foie gras et de porter de la fourrure.

L’éthique ne commence pas par la rencontre du visage de l’autre homme. Elle a un sens dès que je mange. Vivre, c’est vivre de. La matérialité de notre existence fait que notre usage des choses et des autres vivants est d’emblée une position éthique. Vivre de, c’est jouir, et c’est aussi dire quelle place on octroie aux autres hommes, présents et futurs, et aux autres vivants. Dans la jouissance, il y a déjà la justice.[...]

André Gorz a dit que le capitalisme est incompatible par nature avec l’écologie, car il va de pair avec une surproduction de biens qui, dès qu’ils sont accessibles au grand nombre, sont remplacés par des biens plus sophistiqués, plus chers et plus gourmands en énergie. Ces biens créent à ler tour des besoins toujours nouveaux et toujours frustrés, et produisent une montagne de déchets. On peut aller plus loin : le capitalisme est inconciliable avec la prise en compte du bien-être animal, quoi qu’en disent les zootechniciens formés à prétendre le contraire.[...]

Aucun livre de philosophie et aucune déclaration politique ne changeront quoi que ce soit tant que l’on ne placera pas le respect des êtres au cœur de l’économie et que l’efficacité sera pensée indépendamment du type de biens ou de services considérés. Il faut donc innover. Cela veut dire aussi que les animaux ont le pouvoir de nous réveiller.

En effet, penser, en plus des désastres sociaux engendrés par notre modèle économique, à ce qu’endurent les animaux pour que nous puissions assouvir des besoins en produits animaliers qui sont, du moins à cette échelle, artificiels et génèrent maladies et obésité, c’est reconnaître qu’il est grand temps de changer. Les changements peuvent se faire progressivement et surtout il est important qu’ils s’opèrent de concert avec les principaux acteurs, en particulier avec les éleveurs. La transition vers un autre type d’élevage doit devenir une priorité politique. De son côté, le consommateur peut refuser d’acheter des produits auxquels est attachée trop de souffrance. Le renoncement à son idéal de justice vient du sentiment d’impuissance dont on se convainc trop facilement. Pourtant, chacun peut contribuer au changement dès maintenant.

L'article (PDF).

La déchirure - Souffrance et déliaison sociale au XVIIIe siècle

Un compte-rendu de ce livre d’Arlette Farge par Caroline Lamarche (membre du mpOC), livre paru en 2013 au éditions Bayard. Extrait :

Arlette Farge est historienne, chercheuse au CNRS spécialisée dans l’étude du XVIII e siècle, elle a écrit une trentaine d’ouvrages dont celui-ci est peut-être le plus personnel et le plus accessible. Il se lit en effet comme une tragédie antique, avec des personnages dont le destin nous hante bien après avoir refermé le livre. A la différence que les tragédies antiques mettent en scène rois et reines, tandis qu’Arlette Farge, elle, s’attache au quotidien des gens du peuple.

Pour cela, elle écume les archives (datant du XVIIIe siècle) : comptes rendus médicaux, correspondances, suppliques, archives de police, etc. À l’époque il y avait 48 commissaires de Police à Paris qui tenaient des dossiers au jour le jour, des kilomètres d’archives encore consultables aujourd’hui. « Les archives sont le lieu où reposent, par nécessité juridique, les récits du désordre » dit-elle. Du désordre né de la souffrance. Maladies, fièvres, dysenteries, vermine, morsures d’animaux, épidémies – petite vérole, peste -, accouchements risqués, hygiène défectueuse, violences conjugales, assassinats, tortures, guerres, séquelles de la faim et de la misère, mauvais traitements au travail, etc.[...]

Tout cela pourrait constituer une épreuve pour le lecteur. Pourtant on poursuit, avec fascination. Car d’une part on a ici la vérité, la vérité toute nue, non ornementée, consignée par des témoins professionnels, si l’on peut dire. D’autre part à chaque page on comprend un peu mieux les mécanismes de cette violence. À chaque page on devient plus savant et plus humain, mieux outillé pour agir en notre propre siècle. On apprend que la violence d’une société est le signe d’un Etat impuissant à protéger ses membres les plus fragiles. Les actes violents, les suicides, les humiliations, les injures, tout cela, une fois consigné, constitue la trace ténue d’innombrables êtres qui, nous dit Arlette Farge, « enregistrent au niveau corporel que leur vie ne vaut pas d’être sauvegardée, considérée. » La phrase résonne encore aujourd’hui. De sorte que le lecteur est pris d’un double vertige. D’une part il mesure la chance qu’il a de vivre dans un monde où existent antibiotiques, contraceptifs, analgésiques, vaccins, et la sécurité sociale… D’autre part il se souvient qu’il y a encore, parmi nous, dans la rue, ou à travers les images qui nous parviennent depuis l’Afrique, des êtres qui souffrent, dans leur corps, « de n’être pas sauvegardés, considérés ». « Les Lumières du 18e siècle ne se projetèrent guère sur ces êtres violents, blessés ou belliqueux », dit Arlette Farge. Le crépuscule de notre monde capitaliste non plus. Voilà pourquoi Arlette Farge, à propos des élites qui consentent à ces injustices « par le seul fait de ne pas les voir », a cette expression sans appel : elle parle de leur « consentement meurtrier ».[...]

Le compte-rendu complet (PDF).

Autres articles

Autres articles récemment ajoutés sur le site du mpOC-Liège :

Citoyens européens favorables à un revenu de base garanti à vie, Stanislas Jourdan, janvier 2014.

Le goût de la liberté des zapatistes, Jérôme Baschet, janvier 2014. À propos du zapatisme, voir aussi le dossier Les 20 ans de la rébellion zapatiste dans le numéro d’Imagine demain le monde de janvier 2014.


Pour le mpOC-Liège,
Francis Leboutte

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