Lettre des objecteurs de croissance de Liège

Le 6 décembre 2013

mpOC-Liège
Mouvement politique des objecteurs de croissance
Groupe de Liège

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vous pouvez la consulter, de même que les lettres précédentes,
à l'adresse liege.mpoc.be/lettre/.

 
Bonjour,

Le dimanche qui vient sera le temps d'une balade dans la magie du Ninglinspo (détail de la journée ci-dessous). En janvier et février, il n'y aura pas de dimanches conviviaux, nous consacrerons notre énergie à l'organisation de deux événements en soirée d'un jour de la semaine :

– Le mercredi 29 janvier, à l'occasion de la sortie du DVD Sans lendemain consacré à la problématique de l’épuisement des ressources naturelles et de la croissance, nous organiserons une soirée autour de la projection de ce film. Voir l'agenda ci-dessous pour le détail.
– Le jeudi 27 février, nous aurons une grande conférence-débat avec Serge Latouche : Construire l'avenir avant ou après l'effondrement ? Voir l'agenda ci-dessous.


Sommaire

– Nos prochains dimanches conviviaux
– L'agenda du mpOC-Liège
– Propositions de lecture
   – Just do it (à propos du sommet sur le Climat de Varsovie)
   – Comment la science nous appelle tous à la révolte (Naomi Klein)
   – L'indépendance, une anomalie ? (Le Monde diplomatique)
   – Moins! Extraits du numéro de novembre-décembre :
         – Éditorial
         – Penser avec les grands - Erich Fromm
         – La planète minée. Fin des métaux, fin de l’ère industrielle ? (Philippe Bihouix)
          – Débat: décroissance et écologie profonde
          – Dossier: CULTURE POPULAIRE ET INCULTURE DE MASSE
              – Démarchandiser la culture (rédaction de Moins!)
              – L’accélération dans l’industrie culturelle (Alessia Di Dio et Mirko Locatelli)
              – La zone est en nous ! (Mirjam Bühler et Eric Duvoisin)
              – Pour une culture populaire (Paul Ariès)  

Nos prochains dimanches conviviaux

Dimanche 8 décembre

Balade pédestre.
Boucle à partir de Remouchamps Grottes : Ninglinspo - Charmille - Porallée - Gerova. Distance de 14 à 19 km selon le point de départ que chacun choisira.
Itinéraire plutôt difficile, rocailleux et vallonné, avec traversée probable de gués. Se munir de bonnes chaussures et de son pique-nique.

– Points de rendez-vous (départs de la marche) : 10 h 35 à Remouchamps Grottes (15 km) et 10 h 50 à Remouchamps Gare (14 km).
– Départ en bus de Liège : 9 h 35, bus L65 Opéra (9 h 43 aux Guillemins). Par le train d'Aywaille, voir la note ci-dessous.
– Covoiturage éventuel : écrire à info@liege.mpOC.be ou téléphoner au 04 277 91 42.
– Retour prévu entre 16 h et 18 h à Remouchamps. Bus pour Liège à 16 h 38 et 18 h 14. Bus à 16 h 50 pour Aywaille Gare.

Notes
Le jour de la balade, en cas de problème pour rejoindre le rendez-vous, contactez-nous au 0496.29.22.17.
– Pour ceux qui voudraient marcher plus (19 km) :
départ en train de la gare des Guillemins à 9 h 18 pour un rendez-vous à 9 h 50 à la gare d'Aywaille. D'un pas rapide, les amateurs gagneront le point de rendez-vous de la gare de Remouchamps (10 h 50). Si vous êtes intéressés par cette option, merci de nous contacter comme ci-dessus. Notez aussi qu'à 10 h 28 le bus L65 permet de joindre la gare d'Aywaille aux rendez-vous de Remouchamps.

L'agenda du mpOC-Liège

En gras les activités propres du mpOC-Liège ou celles auxquelles il contribue.

Propositions de lecture

Just do it

Elles l’ont fait ! Peu importe que le geste résulte d’un accès de lucidité ou d’un coup de folie, du sursaut des consciences ou d’un moment d’absence, l’Histoire retiendra (…ou pas) que le jeudi 21 novembre au matin, lassées d’être les figurantes impuissantes du scénario pitoyable qui se jouait au Sommet sur le Climat de Varsovie, les ONG ont décidé de quitter la scène.

Certes, ce qu’on en vit donna l’impression d’une révolte policée dont les acteurs semblaient les premiers surpris de leur audace. Le spectacle des délégations quittant le théâtre des négociations sourire aux lèvres et slogans polis en mains ne reflétait guère l’importance des enjeux et la colère des protestataires. L’existence même de cette réaction constitue toutefois un événement inédit, une « première » que l’on se doit de saluer. Après des années où ils furent gavés de couleuvres, servirent de dindons à des farces indigestes et virent leurs revendications étrillées par les spadassins de la dictature économique sans jamais broncher, les porteurs de l’intérêt commun, défenseurs de l’environnement, de l’équité, de solidarités intra- et internationales ont enfin ressenti un haut-le-cœur et le besoin de dire « trop is te veel ! ». Cela n’a l’air de rien mais c’est énorme.

Souvenez-vous : même après l’échec cuisant du Sommet « décisif », « capital » et « de la dernière chance » de Copenhague, les acteurs non gouvernementaux s’astreignaient à une méthode Coué positiviste, psalmodiant leur désir de « mesures ambitieuses » lors du prochain grand raout annuel des Nations désunies sur le climat[...]

On me dira : « Mais que veux-tu dire ou faire d’autre ? »

Eh bien, justement : si, pour une fois, les « ONG et syndicats membres de la délégation belge » faisaient l’impasse sur la prochaine conférence et ne se rendaient pas à Lima ? Mieux : si elles s’activaient à rallier leurs alter-egos internationales à cette position afin que l’ensemble de la société civile boycotte ce Sommet Climat en donnant à la démarche un maximum d’écho médiatique et politique ?

Peut-être cela s’avèrera-t-il vain et sans effet ...mais peut-être pas. Jean Monet disait : « Les hommes n’acceptent le changement que dans la nécessité et ils ne voient la nécessité que dans la crise. » Si la crise climatique apparaît trop lointaine ou trop abstraite aux yeux des décideurs, peut-être une crise de la représentation citoyenne leur parlera-t-elle davantage. Ce coup d’éclat pourrait servir de déclic à une prise de conscience et surtout de responsabilités. Qui sait ?

Une chose est sûre : vu l’impact de la présence des ONG lors des réunions précédentes, il n’y a strictement rien à perdre dans l’aventure (sinon un beau voyage). Tout est par contre à gagner. A commencer par quelques (symboliques) tonnes de CO2, le panache et le sentiment d’avoir tenté l’impossible pour changer le cours des choses.

Lire l'article de La Pastèque au complet sur le site d'IEW.

Comment la science nous appelle tous à la révolte

Un article de Naomi Klein (29 octobre 2013). Extraits :

En décembre 2012, lors de la réunion d’automne de l’American Geophysical Union qui a lieu chaque année à San Francisco, un chercheur de systèmes complexes aux cheveux roses nommé Brad Werner a fendu la foule de 24.000 scientifiques spécialistes des sciences de la Terre et de l'atmosphère. La conférence de cette année a vu passer quelques intervenants célèbres, d’Ed Stone du projet Voyager de la NASA qui a expliqué une nouvelle étape sur le chemin de la conquête spatiale au cinéaste James Cameron, qui a parlé de ses aventures dans des submersibles en eaux profondes.

Mais c’est la conférence de Werner qui a fait le plus de bruit. Elle était intitulée « La Terre est-elle foutue ? » (« Is the Earth F**ked ? ») (Titre complet : « La Terre est-elle foutue ? La Futilité Dynamique de la Gestion Globale de l’Environnement et les Possibilités de Développement Durable via le Militantisme de l’Action Directe »).

Debout devant la salle de conférence, le géophysicien de l’université de Californie, à San Diego, a présenté au public le modèle informatique de pointe qu’il utilisait pour répondre à cette question. Il a parlé de limites du système, de perturbations, de dissipation, d’attracteurs, de bifurcations et de tout un tas d’autres trucs en grande partie incompréhensibles pour tous les non-initiés à la théorie des systèmes complexes. Mais le fond du message était assez clair : le capitalisme mondial a provoqué un épuisement des ressources tellement rapide, facile et sans entraves qu’en retour « les systèmes humains-terre » deviennent dangereusement instables. Pressé par un journaliste pour répondre clairement à la question « Sommes-nous foutus ? », Werner a laissé tomber le jargon scientifique et a répondu : « Plus ou moins ».

Il y avait cependant une dynamique dans le modèle qui offrait un peu d’espoir. Werner l’a qualifiée de « résistance » - des mouvements de « personnes ou groupes de personnes » qui « adoptent un certain ensemble de dynamiques qui ne cadrent pas avec la culture capitaliste ». Selon le résumé de sa présentation, ceci inclut « l’action directe pour l’environnement, la résistance en dehors de la culture dominante, comme des manifestations, des blocus et des sabotages par des peuples indigènes, des travailleurs, des anarchistes et autres groupes d’activistes ».

Les rencontres scientifiques sérieuses ne sont généralement pas émaillées d’appels à la résistance politique de masse, et encore moins d’appels à l’action directe et au sabotage. Werner n’appelait pas à ce genre d’actions. Il faisait simplement le constat que les soulèvements en masse de populations - à l’instar du mouvement pour l’abolition de l’esclavage, du mouvement pour les droits civiques ou d’Occupy Wall Street - représentent la source de « friction » la plus probable pour ralentir une machine économique partie en vrille. Nous savons que les mouvements sociaux du passé ont « eu une influence énorme sur . . . l’évolution de la culture dominante », a-t-il souligné. Donc, il va de soi que, « si nous pensons à l’avenir de la terre et à l’avenir de notre rapport à l’environnement, nous devons inclure le facteur résistance dans cette dynamique ». Et ceci, fait-il valoir, n’est pas une question d’opinion, mais « vraiment un problème d’ordre géophysique »[...]

Mais la vérité est en train de surgir, malgré tout. Le fait que la poursuite de profits et de croissance, comme si de rien n’était, est en train de déstabiliser la vie sur terre n’est plus une information confinée dans les pages des revues scienti­fiques. Les premiers signes se déroulent sous nos yeux. Et de plus en plus de gens réagissent en conséquence : blocage des activités de fracturation hydraulique à Balcombe ; interférence avec les préparatifs de forage dans l’Arctique dans les eaux russes (avec un coût personnel énorme) ; plaintes déposées contre les exploitants de sables bitumi­neux pour violation de la souveraineté autochtone et d’innombrables autres actes de résistance, petits et grands. Dans le modèle informatique de Brad Werner, c’est cela la « friction » nécessaire pour ralentir les forces de déstabilisation ; le grand militant climatique Bill McKibben les appelle les « anticorps » qui se dressent pour combattre la « fièvre galopante » de la planète.

Ce n’est pas une révolution, mais c’est un début. Et cela pourrait bien nous faire gagner suffisamment de temps pour trouver un moyen de vivre sur une planète qui serait nettement moins foutue.

Tout l'article sur le site du mpOC-Liège (PDF).

L'indépendance, une anomalie ?

Un billet du Monde Diplomatique (5 décembre 2013)

Les auditeurs de la station Europe 1 ont été témoins, le 17 novembre dernier, d'un instant de vérité. Interrogé par le journaliste Jean-Pierre Elkabbach, inquiet de la trop grande discrétion du Mouvement des entreprises de France (Medef) dans les médias, le président de l'organisation patronale, M. Pierre Gattaz, rassure aussitôt son interlocuteur : « Nous occupons la presse, nous sommes à la radio, nous sommes partout dans les journaux ! »
S'il n'a pas suffi à tranquilliser Elkabbach, ce propos décrit en creux la situation d'une presse française à la fois « occupée » par les puissances d'argent, discréditée par un journalisme de révérence et désargentée car délaissée par ses usagers.
Dans ce paysage, l'existence du Monde diplomatique constitue une anomalie. Elle ne s'explique que par l'obstination de lecteurs qui, chaque mois, réaffirment leur attachement à une information rigoureuse et irrespectueuse, internationale et curieuse, capable de prendre du recul par rapport au crépitement de l'actualité.
Depuis les années 1980, Le Monde diplomatique s'est placé à l'avant garde de la critique des médias. Ses moyens d'existence se conforment à ses raisons d'exister : il vit de ses ventes et de ses abonnements - mais les fonds manquent à son développement. Depuis 2009, les dons contribuent également à son financement. Les 180 000 euros reçus l'année dernière dépassent nos recettes publicitaires ; ils ont renforcé nos moyens d'enquête et de reportage.
Il peut paraître étrange de demander chaque année aux abonnés ou aux acheteurs en kiosques de payer encore pour soutenir l'indépendance de leur mensuel.
Mais, en définitive, sur qui d'autre pourrions-nous compter ?

Moins!

Nous avons le plaisir de vous présenter des extraits du dernier numéro de l'excellent nouveau journal de la décroissance suisse Moins! Le dossier de ce numéro 8 (novembre-décembre) est consacré à la culture populaire (extrait de l'éditorial) : [...]nous avons voulu montrer sous une diversité d’angles comment l’art et la culture peuvent contribuer à transformer profondément la société pour s’engager véritablement vers un monde durable et juste. Sachons nous en inspirer pour nous dire que tout n’est pas perdu! Bonne lecture et n’oubliez pas de passer à l’action un ce ces jours.

Vous pouvez commander un ou plusieurs numéros ou vous abonner à Moins! via le site du journal www.achetezmoins.ch ; à Liège, vous pouvez vous le procurer à la librairie Entre-Temps (Barricade, rue Pierreuse 19 - 04.222.06.22 - www.barricade.be).

Extraits de quelques uns des articles de ce numéro :

Éditorial

Ça y est, la nouvelle est tombée. Donc le climat continue à se détériorer, et si aucun changement drastique n’est opéré rapidement, la température moyenne sur Terre va augmenter de 1.5 °C à 4.5 °C d’ici la fin du siècle. Ce sont les experts du GIEC qui l’affirment dans leur 5e rapport, accablant pour le genre humain puisque la cause de ce réchauffement nous est imputable avec une probabilité supérieure à 95%. Notre responsabilité dans cette affaire en tant qu’espèce intelligente et douée de conscience est donc difficilement réfutable[...]

Penser avec les grands - Erich Fromm

Légataire d’une longue tradition d’écologie politique, Moins! Vous invite à (re-) découvrir quelques-unes des figures qui ont contribué, de près ou de loin, à nourrir les idées et les questionnements des objecteurs et objectrices de croissance. Dans chaque numéro, vous trouverez ainsi au fil des pages quelques graines de réflexion de ces auteurs, qui susciteront peut-être des envies d’aller plus loin.

L’oeuvre d’Erich Fromm, qui naquit avec le XXe siècle à Francfort et mourut en 1980 au Tessin, propose une synthèse étonnante et novatrice de Freud et Marx, enrichie d’une profonde spiritualité. Dans ses différents ouvrages, il propose une réflexion aussi provocatrice que critique sur les sociétés occidentales modernes, qu’il considère comme profondément aliénées. Son approche psychanalytique et spirituelle débouche sur une réflexion sociale qui interroge notre (non)vivre ensemble.

Erich Fromm fit l’essentiel de sa carrière de psychanalyste et de professeur d’université aux États-Unis et au Mexique, où il rencontra Ivan Illich avec qui il se lia d’amitié. Dans l’introduction que ce dernier lui demanda d’écrire pour son ouvrage intitulé « Libérer l’avenir », Fromm signale que tous deux partagent une position qu’il qualifie de « radicalisme humaniste », qui consiste à douter de tout, « et en particulier [de] ces concepts idéologiques qui sont si bien ancrés dans l’opinion publique qu’ils se changent en axiomes, [comme] l’idée moderne du “progrès”, conçu dans le sens d’un constant accroissement de la production, de la consommation, de l’efficience, du profit, de la rentabilité de toutes les activités économiques, sans se préoccuper des conséquences possibles sur la vie et le développement de l’homme; ou encore ces dogmes modernes qui veulent qu’une consommation accrue conduise l’homme à un bonheur plus grand, […] que le but de l’existence soit de posséder (et d’utiliser), non pas d’exister, […] que ce qui vient d’apparaître soit toujours meilleur que ce qui le précédait […], bref que les idées, les catégories qui sont apparues au cours du développement de la science et de l’industrialisation soient supérieures à celle de toutes les cultures précédentes et indispensables au progrès de la race humaine ».

[...]Ainsi, l’approche psychanalytique étant essentiellement individuelle, la dimension politique demeure restreinte dans l’oeuvre de Fromm, qui semble peu sensible à la question des rapports de force sociétaux. On pourra également trouver ses écrits très marqués par le contexte de la société américaine des années 50 et 60, en particulier par le peu de place qu’y tient l’écologie proprement dite. Certains lui reprocheront également un certain différentialisme des sexes.

La planète minée. Fin des métaux, fin de l’ère industrielle?

Co-auteur de l’ouvrage «Quel futur pour les métaux?» (EDP sciences, 2010), où la finitude des ressources minières est analysée en étroite interaction avec la question énergétique, Philippe Bihouix a récemment été l’invité d’une rencontre organisée à Genève par le Réseau Objection de Croissance (ROC-GE). Moins! a saisi l’occasion pour s’entretenir avec cet ingénieur qui remet en cause l’idée de substitutivité des modes de production entre énergies renouvelables et non renouvelables sur le long terme: à production énergétique équivalente, éolien et solaire induisent une utilisation de métaux supérieure à celle requise par le pétrole. Dans une interview qui dénonce les limites techniques et sociétales du recyclage et de l’économie circulaire, l’irréalisme de la fuite en avant technologique et des scénarios prônés par les tenants d’une croissance verte apparaît au grand jour.

Moins! : Dans l’ombre du pic du pétrole, du gaz et du charbon, vous dites avec Paul Valéry que «le temps du monde fini commence» pour les métaux également. Allons-nous bientôt être confronté∙e∙s aux pics métalliques?

PB : Mesurées en années de production, les réserves sont variables d’un métal à l’autre, de quelques décennies (antimoine, zinc, étain) à quelques siècles (vanadium, cobalt, platine), la majorité se situant entre 30 et 60 ans (nickel, cuivre, plomb). Celles-ci peuvent varier selon les découvertes, la croissance de la consommation, les capacités de substitution, le taux de recyclage… Or justement la demande mondiale s’emballe: nous avons plus que doublé la production des grands métaux industriels (aluminium, cuivre, nickel, zinc) au cours des 20 dernières années et on prévoit d’extraire de la croûte terrestre plus de métaux en une génération que pendant toute l’histoire de l’humanité.

Le problème n’est pas sur la quantité disponible, mais sur la concentration, la qualité et l’accessibilité des ressources. À moins d’improbables découvertes géologiques majeures – ce serait repousser un peu une échéance inéluctable – la concentration moyenne des minerais est en baisse (en Australie et en Afrique du Sud, les mines produisent 5 grammes par tonne contre 20 il y a un siècle). Les métaux, toujours moins concentrés, requièrent de plus en plus d’énergie. Mais inversement, la production d’énergie, toujours moins accessible et moins concentrée elle aussi, requiert plus de métaux, plus de technologie. Il est bien plus compliqué et consommateur de métaux, de produire un baril de pétrole deep offshore (plateformes profondes, hélicoptères, bateaux) que sur les champs géants onshore d’Arabie Saoudite.

C’est cet effet systémique qui pose problème. Difficile de dire à quel moment le système s’emballera, où l’ensemble des rendements décroissant dans tous les secteurs fera que ça bascule ou pas. Comme pour le pétrole, évitons le catastrophisme, car, pour le meilleur et pour le pire, le capitalisme a montré sa capacité à s’adapter. N’attendons pas du pic du pétrole l’effondrement du système, comme les marxistes l’attendaient de la baisse tendancielle du taux de profit. Ce qui risque de se produire, c’est un renchérissement des ressources, plus ou moins progressif, plus ou moins chaotique, plus ou moins amplifié par la spéculation.

Il y a aussi la question morale vis-à-vis des générations futures: quand bien même le danger ne serait pas immédiat, nous gâchons de précieuses ressources, ne serait-ce qu’avec l’usure infinitésimale de la pièce de monnaie dans notre poche dont parlait Nicholas Georgescu- Roegen(1). L’économie circulaire est un mythe qui nous dédouane de notre responsabilité. Le recyclage parfait n’existe pas, il comporte en effet presque toujours une perte fonctionnelle, une dégradation de l’usage du produit: l’acier noble finit dans un acier bas de gamme, le bouchon plastique dans une chaise de jardin. Rien de très «circulaire» dans tout cela. Sans parler de l’usage dispersif (le zinc ou le cobalt contenu dans les pneus) qui rend le recyclage impossible. Il est souvent de 10 à 30%, voire 98% pour le titane qui sert de colorant blanc[...]

(1) «Rien ne saurait donc être plus éloigné de la vérité que l’idée du processus économique comme d’un phénomène isolé et circulaire ainsi que le représentent les analyses tant des marxistes que des économistes orthodoxes. Le processus économique est solidement arrimé à une base matérielle qui est soumise à des contraintes bien précises. C’est à cause de ces contraintes que le processus économique comporte une évolution irrévocable à sens unique. Dans le monde économique, seule la monnaie circule dans les deux sens d’un secteur économique à l’autre (bien que, à la vérité, même la monnaie métallique s’use lentement de sorte que son stock doit être continuellement réapprovisionnépar prélèvement dans les dépôts de minerais.» Nicholas Georgescu-Roegen, La décroissance. Entropie, écologie, économie, Sang de la terre, Paris, 1995 [1979], p.48.

Débat: décroissance et écologie profonde

La décroissance et l’écologie profonde, philosophie initiée par les travaux d’Arne Naess dans les années ’70, jouissent d’une piètre réputation dans l’ensemble des médias. Considérés comme des franges «extrémistes» du mouvement écologiste, ces deux courants partagent cependant plus que les quolibets de journalistes bien-pensants. Ils soulèvent des questions fondamentales sur les rapports entre nature et culture, sur la place de l’humain dans le monde du vivant, sur l’éthique qui devrait orienter nos activités. Dans quelle mesure une approche biocentrique de l’écologie vient-elle corroborer les idées des objecteur-trice-s de croissance, et en quoi en revanche s’en distancie-t-elle? Nous avons invité à réfléchir autour de ce thème Baptiste Lanaspèze, fondateur des éditions Wildproject.org, Fabrice Flipo, philosophe des sciences et des techniques, et Vincent Cheynet, rédacteur en chef de La Décroissance.

Baptiste Lanaspèze: l’écologie profonde est le nom donné par Arne Næss à la première formulation philosophique de l’écologie1. Il est le premier à révéler la dimension philosophique de ce concept et, réciproquement, à révolutionner la philosophie elle-même, en rompant avec le consensus selon lequel la nature n’aurait pas de valeur en soi, indépendamment du sujet humain. L’idée moderne que l’homme (sujet de droit, libre) relèverait d’un autre règne que la nature (ensemble d’objets déterminés) est, selon Næss, l’origine première de la crise écologique. Celle-ci ne serait ainsi que l’aboutissement logique d’une vision du monde erronée.

Résolument opposé à une écologie purement technique, censée éviter l’effondrement uniquement pour sauvegarder les intérêts des pays riches, Næss prône une écologie authentique, consciente de sa profondeur philosophique. Or ce nouveau paradigme ne saurait être mis en oeuvre à l’intérieur du même cadre de référence qui a conduit à cette crise. Il ne s’agit pas d’un réajustement, mais d’une véritable révolution copernicienne. «Profond» veut simplement dire philosophique, c’est-à-dire radical, touchant aux principes premiers. «La nature a une valeur en elle-même, en dehors de nous»: les conséquences pratiques de cette idée bouleversent littéralement les rapports établis entre les sociétés humaines et le monde[...]

Fabrice Flipo: il est difficile de globaliser «la décroissance» et «l’écologie profonde», tant elles recouvrent des réalités hétérogènes. Pour ne pas éviter la question, néanmoins, on peut revenir aux fondamentaux de ces deux mouvements. Du côté de la décroissance l’idée est que la croissance du PIB en tant qu’objectif politique de nature quasiment obsessionnelle ne peut pas être la solution aux problèmes actuels, qu’il y a une urgence à penser différemment. La croissance détruit la nature, augmente les inégalités, locales et globales, alimente la spéculation, etc. Nous devons donc décoloniser notre imaginaire, notamment en sortant de l’économicisme. Du côté de l’écologie profonde, l’idée centrale est énoncée par Arne Næss et la célèbre plate-forme en huit points du mouvement. Elle consiste à dire qu’il y a une écologie superficielle, qui ne traite que des effets jugés secondaires du modèle actuel, et une écologie profonde qui entend tout reprendre depuis le départ, d’un point de vue «biocentrique».

Ce dernier terme est à comprendre en un sens ontologique: à l’hommehors- de-la-nature (au sens de la biosphère) doit être substitué le modèle de l’homme-dans-la-nature. Les deux courants se rejoignent donc dans leur souci de radicalité et la volonté de penser l’homme et la nature en même temps. Néanmoins, l’accent est différent. Les courants de la décroissance ont développé une analyse des obstacles sociaux et des phénomènes de domination qui va beaucoup plus loin, en règle générale, que ce que propose l’écologie profonde. On peut voir ces mouvements comme deux moments successifs d’une certaine conception écologiste de la décroissance: sans l’écologie profonde, on ne peut pas se rendre compte de l’importance de la nature, à l’échelle individuelle et collective (changement de valeurs); ensuite, la décroissance est un diagnostic sur ce qui bloque, du point de vue social, et une proposition pour changer cette situation. Au regard de la plate-forme de l’écologie profonde, la décroissance est une option parmi d’autres pour répondre à l’appel à l’action.

À mes yeux, adopter une approche «anthropocentrique» signifie très exactement s’appuyer non pas sur une conception du monde qui met l’homme au centre, mais sur une conception du monde qui met l’homme économique au centre[...]

Vincent Cheynet: le débat est délicat, car nous ne mettons pas les mêmes définitions derrière les termes d’écologie profonde et de décroissance. D’ailleurs, pour certains, les deux concepts recouvrent la même perspective. J’aimerais pourtant apporter une différence fondamentale. Sans disserter ici sur les thèses d’Arne Næss, je vais, pour simplifier, qualifier l’approche de l’écologie profonde de «biocentriste», au regard d’une objection de croissance «anthropocentriste». Dans le premier cas, l’humain n’est qu’un des éléments d’un grand tout. Dans le second, il se différencie de la nature. C’est cette différenciation qui est au coeur de l’humanisme. L’écrivain Dwight Macdonald notait à ce propos qu’«une démarche purement scientifique, telle que l’ambitionnait Marx, considère le monde d’un seul tenant: il serait par nature entièrement accessible à l’élucidation scientifique, à tel point que, quand on échoue à l’appréhender de cette manière, on conclut à l’insuffisance actuelle de nos connaissances. Cette conception tient les jugements de valeur pour illusoires (...). Je considère pour ma part que les jugements de valeur existent dans les deux sens que nous avons distingués: ils sont, en fait, qu’ils soient conscients ou non, le fondement ultime de notre action, tout en appartenant à un ordre de réalité qui restera toujours inaccessible à la démarche scientifique. Il y a deux mondes, et non un seul.» Pour le matérialisme marxiste comme pour les tenants de l’écologie profonde, il n’y aurait en revanche qu’un seul monde.

L’objection de croissance est un autre nom pour le refus de l’idéologie de l’illimité. Elle rappelle à l’homme ses limites, la première desquelles touche à sa capacité de comprendre l’intégralité de sa condition. Nous sommes des êtres physiques, mais aussi et surtout symboliques. Ce n’est pas un hasard si le système actuel s’attaque conjointement à la psychanalyse et à la religion. Toutes deux se fondent sur l’idée que la condition humaine restera à jamais un mystère, la question du pourquoi ne pouvant être résolue[...]

Dossier : CULTURE POPULAIRE ET INCULTURE DE MASSE

L’art et la culture mettent en scène les valeurs fondamentales des sociétés dont ils sont issus. Ainsi, dans les sociétés modernes, ils sont fondamentalement marchands. Les oeuvres sont devenues des produits, standardisées et vidées de contenu afin d’être vendues en grand nombre (p. 12). L’accéleration, étourdissement moderne, configure l’(in)culture actuelle (p. 14). La propriété privée, poumon du capitalisme, confisque des pans entiers de notre héritage commun (p. 13). L’individu, atomisé, lobotomisé, ne doit surtout pas avoir le temps de réfléchir à la direction qu’il a prise au galop et qui lui fait tout écraser sur son passage, y compris les cultures populaires (p. 20) et la nature. Cette pseudo-culture productiviste joue ainsi efficacement son rôle de divertissement, détournant les individus de la vraie vie et des véritables problèmes. Pour enclencher le virage vers des sociétés décroissantes, d’autres cultures sont donc nécessaires. De nombreux collectifs les expérimentent déjà. Ailleurs, par exemple dans des actions terroristes mais socialement acceptables au Québec (p. 18). Mais aussi près de chez nous, que ce soit sous la forme d’un petit festival aux grandes valeurs (p. 17), d’une zone post-apocalyptique (p. 15) ou des réflexions d’un théâtre engagé (p. 16).

L’art de qualité est sans doute celui qui nous oblige à faire un pas de côté, à regarder le monde autrement, sous un angle inhabituel. Il se doit de jouer un rôle véritablement subversif, qui remette en doute nos certitudes. Une culture de qualité est de même celle qui nous permet d’aller à la découverte de nousmêmes et des autres, plutôt que de nous oublier, de nous «distraire» dans la superficialité. L’on ira ainsi jusqu’à se demander si Ramuz n’était pas un écologiste qui s’ignorait (p. 19), et à mêler différentes formes d’expression pour mieux rester critique (p. 21).

Démarchandiser la culture (par la rédaction de Moins!)

Si la culture, comme le suggère André Gorz, est réellement ce « réservoir d’interprétations, de normes, de traditions et de valeurs à partir desquelles se forment et se structurent notre sensibilité, nos goûts, notre sens du beau, du vrai et du juste» 1 , qu’en advient-il dans une société qui érige la rentabilité économique en fin ultime, y compris dans ses formes d’expression artistique? Quel genre d’individus, quelles consciences et quelles aspirations forge-t-elle la marchandisation à l’oeuvre dans l’univers culturel?

En dépit de l’apparente diversité d’une offre surabondante, l’industrie culturelle fonctionne plutôt comme une véritable fabrique du conformisme[...]

D’outil de découverte de soi, des autres et du monde, la culture se mue ainsi en une arme d’ oubli de soi, de négation de la différence et des rapports de force existants. Mise au service d’un système économique totalisant, elle perd son âme. Une culture favorisant la transition vers des sociétés sobres et respectueuses sera au contraire une culture démarchandisée et relocalisée, une culture accordée au rythme de l’humain, où les acteurs seront plus nombreux que les spectateurs. On en trouve heureusement déjà quelques embryons, qu’il n’appartient qu’à nous de faire éclore et dont nous présentons quelques illustrations dans les pages qui suivent.

L’accélération dans l’industrie culturelle (par Alessia Di Dio et Mirko Locatelli)

Dans l’un des ouvrages les plus marquants sortis en ce début de siècle, le sociologue allemand Hartmut Rosa(1) pointe l’accélération comme le phénomène central de notre époque. De l’innovation technique aux rythmes de vie, du monde du travail à la sphère familiale, aucune des principales institutions de notre société n’échappe à cet accroissement de la vitesse. Son corollaire est le sentiment généralisé de «manquer de temps», une expérience désormais ordinaire dans la vie de tous les jours, et d’autant plus paradoxale que notre temps prétendument «libre» est, lui aussi, en augmentation.

La pression accélératrice n’épargne pas non plus les produits de l’industrie culturelle que nous consommons dans nos «loisirs». Il ne s’agit pas de la simple augmentation du rythme de publication de nouveautés en tout genre, ni de l’explosion des marchandises qui affolent les étalages de ce qu’en un temps pas si éloigné on appelait encore les disquaires, les libraires ou les vidéothèques. La loi de l’accélération est venue s’immiscer jusque dans la conception même des différents objets de la culture de masse, pour en modeler les formes aussi bien que les contenus.

L’essor de la musique «techno», terme générique derrière lequel on regroupe la foultitude de sousgenres musicaux aux noms anglais que l’on écoute «en boîte», illustre bien cette dynamique. Avec une succession de beats (pulsions) qui dépassent le rythme cardiaque normal de l’être humain, elle engendre un effet d’accélération grisant et excitant, accentué par le jeu de lumières stroboscopiques. L’avènement de la musique électronique a eu un impact décisif également sur la manière de danser, comme le souligne Christophe Apprill: «L’histoire sociale du bal au XXe siècle semble dessiner une évolution en miroir entre la société et la danse: lorsque la vie est imprégnée de solidarités, les danses sont collectives, lorsqu’émerge le couple, les danses de couple se développent, et lorsque l’individualisme s’impose, les danses individuelles l’emportent»(2)[...]

À défaut de savoir prendre à contretemps un monde qui ne va nulle part, mais qui y va toujours plus vite, musique, cinéma et littérature sont devenus des marchés parmi d’autres. Dans le grand bazar de la modernité, la culture est en solde, mais il est permis de douter que ce soit une bonne affaire.

(1) Hartmut Rosa, Accélération. Une critique sociale du temps, La Découverte, 2010.
(2) Christophe Apprill, Sociologie des danses de couple, L’Harmattan, 2006.

La zone est en nous! (par Mirjam Bühler et Eric Duvoisin)
Compte-rendu de l’exposition Stalker | Expérimenter la Zone à la Maison d’Ailleurs d’Yverdon-les-Bains et interview avec son directeur Marc Atallah.

[...]Concernant la crise écologique majeure que vont devoir affronter nos sociétés contemporaines, Marc Atallah cite le paradoxe du philosophe Jean-Pierre Dupuy: «Tout le monde sait que ça va arriver mais personne n’y croit»(1); comment inciter alors les gens à «vraiment y croire» et à intégrer de vrais changements dans leur mode de vie? Selon Atallah, la rationalité peine à convaincre les gens. «La force de la fiction est là». En effet, l’expression artistique permettrait d’agir sur l’imaginaire des gens, en provoquant chez eux une émotion qui, par rebondissement, peut éventuellement créer un déclic critique. Les casseurs de pub l’ont bien compris, eux qui tentent, par leurs actions, de décoloniser notre imaginaire de l’idéologie consumériste. Si les discours politiques visent la persuasion en se présentant comme raisonnables, la force de l’art réside dans l’impact émotionnel qu’elle produit chez ce même spectateur.

Le film Stalker a-t-il également une intention écologique? Il s’agit avant tout d’une critique indirecte de la société communiste privée de religion, car l’essence du film réside dans la perte de la foi: «l’organe de la foi s’est atrophié», dit Tarkovski à travers l’un de ses personnages. Sans foi, l’homme est un «stalker» qui erre sans direction dans l’existence[...]

(1) Jean-Pierre Dupuy, Pour un catastrophisme éclairé, Seuil, 2004

Pour une culture populaire
Extraits de Paul Ariès, «Le socialisme gourmand», La Découverte, 2012

Il est erroné de penser que les cultures populaires n’ont été que des sous-produits de la culture dominante, comme s’il ne pouvait exister, dans une société de classes, qu’une seule et unique façon de sentir, de penser, de rêver, d’être. On a trop vite assimilé dans les patois (qui sont des langues à part entière) l’absence de mots pour désigner les abstractions – ou la nécessité de les inventer à partir de mots concrets – comme la preuve d’un manque. On a entériné l’idée que la société de consommation serait une société venant combler un manque. Avant elle, il n’y avait pas rien, il n’y avait pas un «vide à combler », mais des cultures populaires; de même que dans les patois s’exprimait un autre rapport à soi, aux autres, à la nature. Il existait ainsi toute une syntaxe (de la vie) qui ne reposait pas sur la mise en avant du sujet (du moi) isolé[...]

Redécouvrir la fête

La fête n’est pas une invention récente. On a beaucoup plus joué dans le passé qu’aujourd’hui. Les pauvres jouent plus que les riches. Le capitalisme, c’est d’abord l’extinction de la fête avant d’avoir été sa marchandisation. Il a fallu mettre le peuple au travail, le discipliner, lui désapprendre à vivre. Les gauches ont malheureusement bien peu permis au peuple de jouer: on a même refoulé la place du jeu dans nos actions, nos mots d’ordre, nos chants, nos slogans, etc.[...]

Renouer avec le sens du beau

[...]Réaffirmer la centralité de la question de la beauté est un acte politique. En luttant contre la «pub-tréfaction» des paysages, par exemple, mais également en se rappelant que «toute révolution a pris naissance dans la poésie, s’est faite d’abord par la force de la poésie [...]. Il ne s’agit pas de mettre la poésie au service de la révolution, mais bien de mettre la révolution au service de la poésie»(3). L’intellect et l’émotion, l’imagination et la raison, le profane et le sacré ne s’opposent pas. Bien au contraire. Les corps parlent, surtout lorsque le peuple est interdit de parole langagière depuis trop longtemps. [...] Peut-être, pour reprendre une formule de Julia Kristeva, il ne s’agit plus tant de faire de la poésie que de vivre poétiquement.

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Pour le mpOC-Liège,
Francis Leboutte

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